12 interpellations parmi 33 personnes arrêtées lors d’une opération visant une municipalité dirigée par l’opposition
Les tribunaux turcs ont placé en détention provisoire 12 des 33 personnes interpellées lors d’une opération visant une municipalité de district dirigée par le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition dans le sud de la Turquie. Il s’agit de la dernière manifestation d’une répression croissante contre les municipalités contrôlées par le CHP, a rapporté l’agence de presse DHA.
Les procureurs de Mersin ont ordonné le 10 avril la détention de 33 personnes lors d’un raid sur la municipalité de Yenişehir, dirigée par le CHP, dans le cadre d’allégations de truquage d’appels d’offres, de corruption et d’extorsion.
Parmi les personnes interpellées figuraient le maire adjoint de Yenişehir, Ümit Civan, ainsi que des responsables municipaux et des figures du monde des affaires.
Après avoir été interrogés par la police, 12 suspects dont le maire adjoint, deux chefs de service, sept employés municipaux et cinq propriétaires d’entreprises ont été placés en détention provisoire en attente de procès, selon la DHA.
Dix-neuf suspects ont été libérés sous contrôle judiciaire, tandis que deux ont été remis en liberté après leur audition par les procureurs.
Les autorités ont également ordonné la saisie de 29 propriétés et 13 véhicules dans le cadre de l’enquête.
L’opération visait une municipalité que le CHP a remportée avec 62 % des voix lors des dernières élections locales, alimentant les critiques selon lesquelles les villes dirigées par l’opposition sont de plus en plus soumises à des pressions judiciaires.
Ces arrestations interviennent alors que des responsables du CHP ont intensifié leurs critiques contre ce qu’ils décrivent comme des enquêtes politiquement motivées, suite à l’arrestation du président provincial d’Ankara, Ümit Erkol, dans le cadre d’une enquête distincte pour corruption.
Par ailleurs, les présidents provinciaux des 81 provinces se sont réunis à Ankara et ont publié une déclaration commune condamnant les opérations contre le parti et appelant à des élections anticipées.
La déclaration affirmait que ces enquêtes constituaient une attaque contre la « volonté nationale » et exhortait les autorités à créer un environnement démocratique permettant aux électeurs de « s’exprimer aux urnes sans délai ».
Les dirigeants provinciaux ont également exprimé leur soutien à l’appel du leader du CHP, Özgür Özel, pour des élections anticipées, les qualifiant de « non pas un choix mais une exigence de loyauté envers la démocratie et de respect pour la volonté nationale ».
Le CHP a réalisé des gains majeurs lors des élections locales de mars 2024, prenant le contrôle de municipalités clés à travers le pays. Depuis octobre 2024, les procureurs ont ouvert une série d’enquêtes pour corruption et abus de fonction visant des municipalités dirigées par le CHP, ce que le parti considère comme une tentative d’affaiblir la force d’opposition qui a remporté une pluralité nationale lors de ces élections.
En mars 2025, le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, principal rival potentiel du président Recep Tayyip Erdoğan, a également été arrêté dans le cadre de cette même répression et demeure en prison. Le procès principal l’accusant de corruption a commencé le mois dernier et se poursuit.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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