1 601 interpellations en 2025 pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, selon le ministre de l’Intérieur
Les tribunaux turcs ont placé 1 601 personnes en détention provisoire en 2025 dans le cadre de la répression continue contre le mouvement Hizmet, d’inspiration religieuse, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant le ministre de l’Intérieur Ali Yerlikaya dimanche.
Yerlikaya a déclaré sur X que 1 524 autres suspects avaient été libérés sous contrôle judiciaire.
“FETÖ’ye yönelik son 2 haftadır Jandarmamız tarafından düzenlen operasyonlarımızda 76 şüpheli yakalandı.”
2025 yılı içinde yaptığımız FETÖ operasyonlarımızda, toplam 1601 şüpheli tutuklandı, 1524 şüpheliye ise Adli Kontrol Kararları uygulandı.
Son 2 Hafta içerisindeki… pic.twitter.com/EtPHjDNfsT
— Ali Yerlikaya (@AliYerlikaya) December 21, 2025
Le président Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le regretté prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que les enquêtes pour corruption de décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à s’en prendre aux membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « Organisation terroriste » en mai 2016 et a intensifié la répression après une tentative de coup d’État avortée en juillet de la même année, qu’il a imputée à Gülen. Le mouvement dément fermement toute implication dans cette tentative ou dans des actes terroristes.
Yerlikaya a également indiqué que 76 personnes avaient été interpellées lors d’opérations de gendarmerie menées ces deux dernières semaines dans 28 provinces. Selon le ministre, 50 suspects ont été arrêtés, 6 ont été libérés sous contrôle judiciaire et les procédures se poursuivent pour les autres.
Les interpellés sont accusés d’avoir mené des activités liées au mouvement Gülen, notamment en contactant des membres via des cabines téléphoniques, en faisant des dons à des œuvres caritatives affiliées et en partageant sur les réseaux sociaux des publications que les autorités jugent proches du mouvement.
Les fameuses « enquêtes par cabine téléphonique » s’appuient sur des relevés d’appels. Les procureurs affirment qu’un membre du mouvement Gülen utilisait une seule cabine pour appeler successivement tous ses contacts. Sur cette base, lorsqu’un présumé membre du mouvement apparaît dans les relevés, on suppose que les autres numéros appelés juste avant ou après appartiennent aussi à des personnes liées au mouvement Gülen. Les autorités ne disposent pas du contenu des appels. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels passés.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures sont en cours contre plus de 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font l’objet d’enquêtes actives près de dix ans plus tard.
Outre les milliers d’emprisonnements, de nombreux sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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