Des médecins turcs demandent la libération d’une accusée du procès Gezi en raison de graves risques pour sa santé
La principale association médicale de Turquie a exhorté les autorités à libérer Ayşe Barım, une célèbre manager de stars de la télévision turque jugée pour tentative de renversement du gouvernement lors des manifestations du parc Gezi en 2013, invoquant des problèmes de santé mortels qui rendent sa détention dangereuse, rapporte le Stockholm Center for Freedom.
Dans un avis médical préparé à la demande de l’avocate de Barım, l’Association médicale turque (TTB) a réuni un panel de huit spécialistes pour évaluer si son état de santé lui permettait de rester en prison.
La TTB est une organisation professionnelle nationale représentant les médecins et défendant l’éthique médicale, l’amélioration de la santé publique et les droits des patients.
Le rapport de la TTB conclut que Barım souffre de multiples pathologies graves, notamment un anévrisme cérébral, un rétrécissement et une défaillance valvulaire du ventricule gauche dus à une cardiomyopathie, ainsi que d’apnée du sommeil. Chaque affection présente individuellement un risque de mort subite ou d’incapacité permanente, selon le panel. Ses crises d’angoisse et de panique, aggravées en détention, compliquent son utilisation des dispositifs médicaux nécessaires à ses soins, pouvant déclencher une crise fatale.
« Les conditions carcérales accélèrent l’aggravation de ces pathologies », indique le rapport, avertissant qu’en l’absence de libération, Barım pourrait se voir refuser des soins appropriés, violant ses droits selon le droit turc et international. La TTB cite le Protocole d’Istanbul de l’ONU, les Règles Mandela et la jurisprudence de la CEDH sur les standards minimaux de traitement des détenus.
Barım, qui suivait un traitement dans des cliniques spécialisées avant son arrestation, refuse les interventions dans les hôpitaux publics désignés, exigeant d’être opérée dans l’établissement qu’elle avait choisi préalablement.
La TTB souligne que son état nécessite des centres médicaux spécialisés avec des équipes expérimentées, ces interventions présentant des risques élevés même dans des conditions optimales. L’association demande son transfert immédiat vers un environnement lui permettant de choisir ses médecins.
Une évaluation juridique annexée au rapport estime que son état de santé justifie le remplacement de sa détention provisoire par des mesures de contrôle judiciaire, comme une obligation de pointage, soulignant qu’elle ne présente aucun risque de fuite.
Barım a été arrêtée en janvier pour des faits remontant à 2013, lorsque des manifestations ont éclaté contre les projets d’urbanisation du parc Gezi à Istanbul, déclenchant un mouvement de protestation contre Recep Tayyip Erdoğan, alors Premier ministre.
Les procureurs l’accusent d’avoir « poussé » ses acteurs à participer aux manifestations. Le tribunal pénal d’Istanbul a accepté en mai un acte d’accusation de 171 pages l’accusant de « tentative de renversement du gouvernement ». Elle risque 30 ans de prison.
Barım reste en détention provisoire. Les autorités turques n’ont pas commenté publiquement les conclusions de la TTB.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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