Au moins 1 063 travailleurs meurent en Turquie au premier semestre 2026, selon un observatoire du travail
Les points importants
- Hécatombe ouvrière : 1 063 travailleurs tués en six mois en Turquie, dont 228 rien qu’en juin.
- Secteurs les plus touchés : agriculture et construction (54 morts chacun en juin), suivis des transports (24), de la métallurgie (19) et des services municipaux (14).
- Échec persistant des réformes : syndicats et défenseurs des droits dénoncent l’absence d’application des normes de sécurité, malgré les promesses répétées des autorités.
Au moins 1 063 personnes sont mortes dans des accidents du travail en Turquie au cours des six premiers mois de 2026, dont 228 en juin, selon des chiffres publiés mardi par l’observatoire indépendant Health and Safety Labor Watch (İSİG).
Six enfants travailleurs et 14 travailleurs migrants figurent parmi les victimes de juin, indique İSİG dans son rapport mensuel.
Le nombre le plus élevé de décès le mois dernier a été enregistré dans l’agriculture et la sylviculture ainsi que dans la construction, avec 54 morts dans chaque secteur. Suivent les transports avec 24 décès, la métallurgie avec 19 et les services municipaux avec 14.

Les principales causes de décès sont les écrasements, les chutes de hauteur et les accidents de la route ou de navettes, selon le rapport.
İSİG précise également qu’au moins 72 enfants travailleurs sont morts entre septembre 2024 et août 2025, une période correspondant à l’année scolaire 2024-2025. Ce chiffre représente une augmentation de 10 % par rapport à l’année scolaire précédente, où 66 enfants travailleurs avaient perdu la vie.
Les accidents du travail restent un problème persistant en Turquie. Syndicats et défenseurs des droits pointent du doigt la faiblesse des contrôles en matière de sécurité au travail, le recours généralisé à la sous-traitance et le travail informel.
İSİG a recensé 2 105 décès liés au travail en 2025, le total annuel le plus élevé depuis la pandémie de COVID-19, contre 1 897 en 2024.
L’observatoire compile ses données à partir des médias nationaux et locaux ainsi que des informations fournies par les travailleurs, leurs familles, les organisations syndicales, les spécialistes de la sécurité au travail et d’autres sources.
La Turquie a connu une série de catastrophes industrielles meurtrières au cours des deux dernières décennies, notamment la catastrophe minière de Soma en 2014, l’accident industriel le plus meurtrier du pays, qui a coûté la vie à 301 mineurs.
Parmi les autres incidents majeurs figurent l’explosion de la mine de charbon d’Amasra en 2022, qui a fait 41 morts, et le glissement de terrain de la mine d’or d’İliç en 2024, qui a tué neuf travailleurs.
Syndicats et défenseurs des droits estiment que ces catastrophes ont mis en lumière les défaillances chroniques dans l’application des règles de sécurité au travail, en dépit des promesses répétées de réformes.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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