Une offensive contre les Kurdes par Damas et Ankara pourrait déclencher une forte réaction américaine : un sénateur met en garde
Le sénateur américain Lindsey Graham a averti mercredi qu’une nouvelle opération militaire contre les partenaires kurdes de Washington en Syrie par les forces gouvernementales syriennes et la Turquie pourrait provoquer une « forte réaction » des États-Unis, alors que les allégations d’exactions lors des récents combats à Alep et ses environs suscitent un examen accru.
Graham, un républicain de Caroline du Sud, a déclaré dans un post sur X qu’il recevait ce qu’il a qualifié de « rapports crédibles » indiquant que l’armée syrienne et la Turquie « pourraient avancer davantage » contre « nos alliés kurdes ».
I completely endorse and support Senator Risch’s call for calm in Syria, putting the new Syrian government on notice that human rights abuses against minorities will not be tolerated. Most disturbing of all is that I’m getting what I believe to be credible reports that Syrian… https://t.co/LDH04ZjuMA
— Lindsey Graham (@LindseyGrahamSC) January 14, 2026
Ses commentaires interviennent après que le président de la commission des affaires étrangères du Sénat, le sénateur James Risch, un républicain de l’Idaho, a exhorté le nouveau gouvernement syrien à traduire en justice les responsables de ce qu’il a qualifié d’« actes odieux » commis à Alep au cours de la semaine écoulée.
Ces mises en garde font suite à des jours d’affrontements qui ont éclaté le 6 janvier dans les quartiers à majorité kurde d’Alep, notamment Sheikh Maqsoud et Ashrafiyeh, lors d’une impasse entre les forces syriennes et les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance soutenue par les États-Unis qui a contribué à vaincre le califat auto-proclamé du groupe État islamique en Syrie en 2019.
Les groupes de défense des droits ont également mis en lumière des violations présumées lors des violences à Alep. Le Syrian Network for Human Rights a déclaré avoir vérifié une vidéo du 10 janvier montrant un membre de l’armée syrienne jetant le corps d’une femme d’un étage élevé dans un quartier alors sous contrôle des FDS. L’organisation a qualifié cet acte de violation du droit humanitaire international et a appelé à une enquête indépendante et à des comptes rendus.
Graham a déclaré soutenir l’idée de donner « une chance » au nouveau gouvernement syrien, mais a ajouté qu’il n’accepterait pas ce qu’il a qualifié d’« attaque flagrante » contre les forces dirigées par les Kurdes, qu’il a décrites comme étroitement alignées sur Israël. Il a demandé au gouvernement syrien et à la Turquie de « choisir sagement ».
L’armée syrienne a intensifié mercredi la pression sur les forces dirigées par les Kurdes, envoyant des renforts à l’est d’Alep et déclarant ces zones « zones militaires fermées ». Damas a exigé que les FDS se retirent à l’est de l’Euphrate.
La Turquie, qui considère les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit, a soutenu les nouvelles autorités syriennes et a exhorté les forces kurdes à s’intégrer à l’État syrien. La Turquie a également affirmé que la sécurité syrienne était liée à la sienne, tandis que les dirigeants kurdes syriens estiment que les récentes opérations menacent les civils et risquent de rallumer un conflit plus large.




