Une délégation de haut niveau de l’Union européenne, conduite par la cheffe de la diplomatie du bloc, Kaja Kallas, a rencontré mardi à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdoğan, avant le sommet de l’OTAN de la semaine prochaine. Cette visite intervient alors que des eurodéputés, des organisations de défense des droits et des médias critiquent la répression engagée par la Turquie contre les voix dissidentes à l’approche du sommet.
La délégation comprenait Marta Kos, commissaire européenne à l’élargissement, et Magnus Brunner, commissaire aux affaires intérieures et à la migration.
Erdoğan a reçu Kallas et sa délégation au complexe présidentiel lors d’une réunion à huis clos en présence du ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, du directeur de la Communication Burhanettin Duran et du conseiller présidentiel Akif Çağatay Kılıç.
Aucun détail officiel sur la réunion n’avait été publié.
La Commission européenne a déclaré que cette visite visait à faire progresser la coopération sur des priorités communes et qu’elle comprendrait des entretiens avec Fidan sur les relations UE-Turquie, les défis sécuritaires, les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, la Méditerranée orientale et la connectivité régionale.
Cette visite intervient après que le Parlement européen a adopté ce mois-ci un rapport exhortant Kallas à envisager des mesures au titre du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme contre des responsables turcs accusés de violations, notamment le ministre de la Justice Akın Gürlek.
La Turquie a dénoncé le rapport, affirmant qu’il reposait sur des allégations infondées et visait le système judiciaire.
Les critiques portent également sur les mesures de sécurité prises avant le sommet de l’OTAN, qu’Ankara accueillera les 7 et 8 juillet.
Human Rights Watch a déclaré que la détention d’au moins 209 personnes à Ankara avant le sommet montrait l’« intolérance impitoyable » de la Turquie envers la liberté d’expression et de réunion.
Les médias turcs ont ensuite rapporté que 178 personnes avaient été incarcérées en attente de procès après les opérations, que les procureurs ont qualifiées d’enquête pour terrorisme.
Les détenus comprennent des journalistes, des universitaires, des avocats, des étudiants et des militants écologistes.
Les organisations de journalistes ont également critiqué le refus d’accréditation opposé à plusieurs médias turcs critiques qui souhaitaient couvrir le sommet, y voyant un coup porté à la liberté de la presse.
L’OTAN a déclaré qu’elle se fie à l’évaluation du pays hôte pour l’accès des journalistes nationaux et qu’elle était en contact avec les autorités turques.
Ankara accueillera les dirigeants de 32 pays de l’OTAN ainsi que des responsables du Golfe et de la région Asie-Pacifique les 7 et 8 juillet.
Erdoğan a déclaré qu’il souhaitait que le sommet mette l’accent sur l’unité de l’Alliance, lève les restrictions sur les exportations de défense à l’encontre de la Turquie et inclue Ankara dans les initiatives de défense européennes.