Un tribunal turc libère l’ancien dirigeant d’Habertürk dans une affaire de drogue impliquant des célébrités
Les points importants
- Libération : Veyis Ateş, ancien dirigeant d’Habertürk, a été libéré sous contrôle judiciaire après des mois de détention provisoire.Peine encourue : Il risque jusqu’à 40 ans de prison pour trafic et facilitation de consommation de stupéfiants.Critiques : L’enquête élargie à de nombreuses célébrités suscite des réserves sur les méthodes employées, notamment les raids matinaux.
Lundi, un tribunal stambouliote a ordonné la mise en liberté dans l’attente de son procès de l’ancien dirigeant et présentateur de télévision Veyis Ateş, incarcéré depuis décembre dans le cadre d’une enquête pour stupéfiants visant des personnalités des médias et du divertissement en Turquie, a rapporté l’agence DHA.
Ateş, ancien directeur général d’Habertürk, une chaîne nationale d’information, encourt jusqu’à 40 ans de prison pour trafic ou fourniture de stupéfiants et facilitation de leur consommation.
Il a nié les accusations lors de sa première comparution devant la 6e cour pénale lourde d’İstanbul.
Le tribunal a ordonné sa libération dans l’attente de la suite du procès.
Ateş avait été incarcéré le 29 décembre 2025 dans le cadre d’une enquête ouverte en octobre et élargie à des présentateurs télé, acteurs, chanteurs, influenceurs sur les réseaux sociaux et figures du monde des affaires.
L’enquête a d’abord consisté à interroger des célébrités et à prélever des échantillons pour des tests toxicologiques. Certains ont été relâchés après leur interrogatoire, et les procureurs ont ensuite abandonné les charges contre plusieurs personnes en raison de résultats négatifs.
L’enquête s’est élargie en décembre avec des opérations successives visant la consommation présumée de stupéfiants, le trafic et l’organisation de réunions privées où, selon les procureurs, des narcotiques étaient consommés.
Des dizaines de personnalités publiques ont été interrogées ou arrêtées, suscitant une large couverture médiatique.
Parmi les personnes incarcérées figure Mehmet Akif Ersoy, ancien rédacteur en chef d’Habertürk. Ersoy a comparu à l’audience de lundi comme témoin par liaison vidéo depuis la prison et doit être jugé séparément à partir du 10 septembre.
Ateş a accusé Ersoy de l’avoir impliqué à tort pour obtenir un traitement favorable des procureurs. Il a affirmé au tribunal que son test de dépistage était négatif et qu’aucune drogue n’avait été trouvée en sa possession ou chez lui.
Ersoy a témoigné qu’Ateş avait apporté de la cocaïne chez lui pour son usage personnel et que d’autres en avaient consommé volontairement. Il a précisé qu’Ateş ne leur avait ni offert la drogue ni fait pression pour qu’ils en prennent.
L’enquête plus large a suscité des critiques sur le traitement des suspects et la publicité entourant les opérations. Des députés de l’opposition ont dénoncé les descentes à l’aube, arguant qu’elles nuisaient à la réputation des personnes avant toute décision judiciaire.
Les accusations varient selon les suspects, allant de la consommation personnelle de stupéfiants au trafic et à la facilitation de la consommation.
Ateş avait quitté Habertürk en 2021 à la suite d’une controverse distincte liée à des allégations selon lesquelles il aurait réclamé 10 millions d’euros à l’homme d’affaires en fuite Sezgin Baran Korkmaz en échange d’une intervention en sa faveur.
Il a nié les faits mais a démissionné après un tollé public.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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