Un sénateur somalien accuse la Turquie d’avoir orchestré le renversement d’un dirigeant régional
Un sénateur somalien a accusé la Turquie d’avoir contribué à organiser le renversement du dirigeant de l’État du Sud-Ouest somalien, affirmant qu’Ankara a soutenu les forces fédérales dans une manœuvre visant à renforcer son contrôle sur les ressources du pays, selon des propos publiés mercredi par Somali Guardian.
Le sénateur Abdi Ismail Samatar a déclaré que la Turquie était le « partenaire clé » dans le renversement du président régional Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen et a accusé Ankara de chercher à établir un État client en Somalie.
Les déclarations de Samatar interviennent deux jours après que l’armée nationale somalienne a pris le contrôle de Baidoa, la capitale administrative de l’État du Sud-Ouest, poussant Laftagareen à démissionner quelques jours seulement après sa réélection pour un nouveau mandat de cinq ans. Reuters a rapporté que de nombreux habitants avaient fui la ville avant la prise de contrôle et que certaines agences humanitaires avaient suspendu leurs opérations par crainte d’affrontements.
Somali Guardian a rapporté que des hélicoptères et drones turcs avaient survolé Baidoa pendant l’avancée fédérale et que des forces formées par la Turquie avaient soutenu l’opération, mais Reuters, dans son récit de la prise de contrôle, n’a confirmé aucun rôle direct de la Turquie dans les combats.
Cette confrontation découle d’un différend croissant entre Mogadiscio et l’administration du Sud-Ouest, qui a annoncé le 17 mars rompre ses liens avec le gouvernement fédéral. Les responsables du Sud-Ouest ont accusé le gouvernement du président Hassan Sheikh Mohamud de tenter de destituer Laftagareen, tandis que le gouvernement fédéral a affirmé que l’administration régionale avait attisé les conflits politiques.
Cette impasse s’inscrit dans une lutte plus large sur le partage du pouvoir dans le système fédéral somalien, où les désaccords sur les élections et les réformes constitutionnelles ont tendu les relations entre le gouvernement central et les administrations régionales. Le Puntland a rompu ses liens avec Mogadiscio en 2024 en raison de modifications constitutionnelles, tandis que le Jubbaland a suspendu ses relations plus tard dans l’année dans un différend électoral distinct.
La Turquie est devenue l’un des partenaires étrangers les plus proches de la Somalie ces dernières années, construisant des infrastructures, formant des forces somaliennes et renforçant les liens en matière de défense et d’énergie. Ankara a ouvert sa plus grande base militaire outre-mer à Mogadiscio en 2017, signé un accord de coopération économique et de défense avec la Somalie en février 2024, puis un accord sur le pétrole et le gaz le mois suivant.




