Un sénateur américain affirme que la Syrie, alliée à la Turquie, menace les Kurdes et promet un projet de sanctions
Le sénateur américain Lindsey Graham a déclaré mardi que les Kurdes syriens étaient « sous la menace du nouveau gouvernement syrien allié à la Turquie » et qu’il présenterait cette semaine une législation pour imposer des « sanctions paralysantes » à tout gouvernement ou groupe impliqué dans des hostilités contre les Kurdes.
Le républicain de Caroline du Sud a écrit dans un post sur X qu’abandonner les Kurdes, qu’il décrit comme le principal allié des États-Unis dans la destruction de l’emprise territoriale du groupe État islamique, serait « un désastre pour la réputation et les intérêts de sécurité nationale de l’Amérique ». Il a déclaré que sa proposition, le « Save the Kurds Act », devrait bénéficier d’un soutien bipartisan et « doit avoir des dents pour être efficace ».
Graham n’a pas publié le texte législatif ni précisé quels gouvernements ou groupes armés il souhaite cibler.
Sa déclaration intervient alors que les nouvelles autorités syriennes cherchent à étendre le contrôle de l’État sur des zones dominées depuis des années par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une force partenaire des États-Unis pendant la campagne contre l’État islamique en Syrie.
Un cessez-le-feu entre le ministère syrien de la Défense et les FDS a été prolongé de 15 jours le 24 janvier, selon le gouvernement syrien et les FDS.
Cette trêve est liée aux efforts américains pour transférer des détenus de l’État islamique du nord-est de la Syrie vers l’Irak, par crainte qu’une reprise des combats ne provoque des évasions. Le Commandement central américain a annoncé le 21 janvier avoir lancé une mission pour transférer ces détenus « afin de s’assurer que les terroristes restent dans des centres de détention sécurisés ».
La prolongation du cessez-le-feu visait notamment à donner aux forces américaines le temps de transférer environ 7 000 prisonniers accusés d’appartenance à l’État islamique vers des prisons irakiennes.
Les conditions humanitaires ont également attiré l’attention à Kobané, une ville à majorité kurde dans le nord de la Syrie également appelée Aïn al-Arab. Un convoi de l’ONU a récemment livré de la nourriture, des fournitures médicales et des articles d’hiver à Kobané, la première aide de ce type depuis la reprise des combats début janvier.
La Turquie s’oppose depuis longtemps aux FDS, affirmant qu’elles sont liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), désigné comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré le 21 janvier que les forces kurdes dans le nord de la Syrie doivent déposer les armes et se dissoudre, suite à l’accord de cessez-le-feu entre les FDS et Damas. Erdoğan a salué le cessez-le-feu mais affirmé qu’une dissolution totale était nécessaire pour éviter d’autres effusions de sang.
La nouvelle menace de Graham rappelle des épisodes antérieurs où il avait plaidé pour des sanctions liées aux événements en Syrie et en Turquie. Lors de l’incursion turque dans le nord de la Syrie en 2019, Graham avait promis une législation pour des sanctions « dévastatrices » contre la Turquie.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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