Un médecin militaire turc radié accuse l’armée de représailles pour avoir dénoncé des abus envers les appelés
Les points importants
- Dénonciation de négligences graves : La médecin Efran Tumaris Usul affirme avoir signalé des médicaments périmés, une eau non potable et des bouteilles d’oxygène vides dans une caserne.
- Représailles et exclusion : Après avoir saisi la présidence et la justice, elle a été traduite devant un conseil de discipline et radiée pour « indiscipline », une décision qu’elle qualifie de punitive.
- Débat sur la protection des lanceurs d’alerte : Son cas relance la question de la sécurité des militaires qui dénoncent des abus en Turquie, où le service obligatoire reste en vigueur.
Une médecin militaire turque a contesté en justice son renvoi des forces armées, affirmant avoir été exclue en représailles pour avoir signalé de graves manquements sanitaires, hygiéniques et sécuritaires affectant les appelés dans une base d’entraînement, a rapporté le site d’information TR724.
Dans ses mémoires et déclarations publiques, le Dr Efran Tumaris Usul a indiqué avoir signalé à plusieurs reprises des négligences médicales présumées et des conditions dangereuses par les voies hiérarchiques militaires, avant de porter ses plaintes devant les autorités civiles. Elle a ensuite été déférée devant un conseil de discipline militaire et radiée de l’armée pour « indiscipline », une décision qu’elle estime destinée à la faire taire. Ces allégations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Selon les rapports médiatiques et les déclarations d’Usul, la médecin a d’abord cherché à résoudre les problèmes par la chaîne de commandement militaire après avoir observé ce qu’elle décrit comme de graves carences dans le traitement des appelés lors de son affectation dans une unité d’entraînement des recrues.
Elle a déclaré avoir déposé de nombreux rapports d’incidents et soumis des pétitions écrites aux commandants, sans obtenir de réponse. Face à l’échec de ses plaintes internes, elle a signalé les irrégularités présumées au Centre de communication de la présidence (CİMER), une plateforme gouvernementale de réclamations, ainsi qu’à des procureurs civils.
À la suite de ces plaintes, Usul a été déférée devant le Haut Conseil de discipline des forces armées turques et radiée du service militaire pour indiscipline présumée. Elle a contesté cette décision devant un tribunal administratif, arguant que la procédure disciplinaire constituait des représailles pour avoir dénoncé des fautes professionnelles, et non une mesure disciplinaire légitime.
Dans ses mémoires et déclarations publiques, Usul a affirmé que des commandants avaient ordonné au personnel médical de distribuer des médicaments périmés aux appelés, tandis que des médicaments nouvellement livrés restaient stockés sans être distribués.
Elle a également allégué que les soldats n’avaient pas accès à de l’eau potable, les obligeant à boire l’eau du robinet, et que certaines recrues avaient été empêchées de se doucher pendant plus de deux semaines, contribuant à des épidémies de maladies infectieuses, dont la gale.
Parmi ses allégations les plus graves, Usul a déclaré que les bouteilles d’oxygène d’urgence à l’infirmerie étaient vides, empêchant les médecins de traiter les soldats souffrant de graves crises d’asthme ou de réactions allergiques. Elle a également affirmé que les ambulances n’étaient pas disponibles lors des urgences médicales parce que des officiers les avaient prises hors de la base pour un usage personnel, retardant le transport de soldats gravement blessés, notamment avec des traumatismes crâniens et des hémorragies internes, vers les hôpitaux.
Usul a en outre affirmé que les commandants militaires annulaient systématiquement les décisions médicales des médecins en refusant d’honorer les congés médicaux et les rapports d’exemption légalement délivrés aux appelés qu’ils estimaient exagérer leurs maladies.
Elle a déclaré qu’après s’être opposée à ces pratiques présumées, elle avait subi des représailles, notamment en se voyant interdire l’accès au mess des officiers et en se faisant livrer ses repas dans sa chambre par des appelés.
Usul a indiqué que sa décision de signaler les abus présumés était guidée par l’éthique médicale et les antécédents militaires de sa famille.
« Je suis la fille d’un officier militaire », a-t-elle déclaré publiquement. « Mon père a servi comme officier tout au long de sa carrière, et je ne l’ai jamais vu demander à un appelé d’effectuer des tâches personnelles. Je ne pouvais pas rester silencieuse face à ce que j’ai vu. »
Le ministère turc de la Défense n’a pas répondu publiquement en détail aux allégations d’Usul. Il n’a pas non plus expliqué publiquement si une enquête avait été ouverte sur les conditions qu’elle avait signalées.
La Turquie maintient un service militaire obligatoire pour la plupart des citoyens de sexe masculin, et le personnel militaire est généralement tenu de traiter les griefs par la voie hiérarchique. L’affaire Usul a alimenté le débat public sur la question de savoir si le personnel militaire qui signale des fautes présumées bénéficie d’une protection adéquate contre les représailles.
Cet article est republié du Stockholm Center for Freedom.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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