Un diplomate russe qualifie les incursions de drones en Turquie de « provocation possible »
Un diplomate russe a suggéré que les récentes incursions de drones dans l’espace aérien turc pourraient constituer une « provocation possible », marquant ainsi le premier commentaire d’un officiel russe sur une série d’incidents ayant suscité des inquiétudes en Turquie quant à la défense aérienne et aux risques de débordement de la guerre en Ukraine.
Le quotidien Cumhuriyet cite ce responsable anonyme, décrit comme un haut diplomate, affirmant que ces incidents « pourraient être une tentative de provocation » tout en soulignant que la Russie entretient de bonnes relations avec la Turquie. Le diplomate n’a pas précisé qui pourrait être à l’origine d’une telle provocation.
Ces commentaires font suite à trois incidents distincts impliquant des drones en décembre, au cours desquels des aéronefs sans pilote ont pénétré l’espace aérien turc ou ont été retrouvés écrasés à l’intérieur du pays.
Le premier incident s’est produit le 15 décembre, lorsque le ministère turc de la Défense a annoncé qu’un drone non identifié, entrant dans l’espace aérien turc depuis la mer Noire, avait été abattu par des chasseurs F-16 utilisant un missile AIM-9X Sidewinder au centre de la Turquie.
Deux jours plus tard, les habitants du village de Çubuklubala, dans la province nord-ouest de Kocaeli, ont découvert l’épave d’un drone arborant des marques d’étoiles rouges. Le ministère de l’Intérieur l’a par la suite identifié comme un drone de reconnaissance russe Orlan-10.
Un troisième drone, identifié comme une plateforme de surveillance Merlin-VR d’origine russe, a été découvert le 20 décembre dans le district de Manyas, à Balıkesir. Les autorités ont indiqué que l’épave était probablement au sol depuis plusieurs jours avant d’être retrouvée.
L’analyste en défense Arda Mevlütoğlu a écrit dans une analyse que les trois drones sont tombés près de sites stratégiquement sensibles. Parmi eux figuraient des zones proches de Roketsan, principal fabricant de missiles et de roquettes de Turquie, et du producteur d’armes public MKEK près d’Ankara ; de la base navale de Gölcük et des raffineries de pétrole à Kocaeli ; ainsi que des bases aériennes de Balıkesir et Bandırma, qui abritent des chasseurs F-16.
Mevlütoğlu a averti que ces incidents pourraient relever de scénarios de « faux drapeau », des opérations conçues pour donner l’impression qu’elles ont été menées par une autre partie afin de déclencher une crise ou d’escalader les tensions. Il a écrit que de telles actions pourraient viser à tester les seuils de réponse de la Turquie, sa préparation militaire ou son positionnement politique.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a à plusieurs reprises mis en garde contre le risque que la mer Noire ne devienne une « zone de confrontation » entre la Russie et l’Ukraine, deux pays bordant cette mer face à la Turquie.
Les incidents impliquant des drones ont relancé le débat sur la posture de défense aérienne de la Turquie. Mevlütoğlu a affirmé que le système de défense aérienne multicouche de la Turquie, surnommé « Dôme d’acier », offre une capacité crédible face à de telles menaces, mais a suggéré que les incursions pourraient avoir visé à tester les réflexes de la Turquie plutôt qu’à causer des dommages directs.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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