Turquie et Arménie relancent leurs échanges commerciaux, annonce le porte-parole du ministère des Affaires étrangères
La Turquie et l’Arménie vont reprendre leurs relations commerciales via un pays tiers dans le cadre d’un rapprochement entre les deux nations, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères.
« Dans le cadre de notre processus de normalisation avec l’Arménie qui se poursuit depuis 2022 […] les préparatifs bureaucratiques concernant le lancement du commerce direct entre notre pays et l’Arménie ont été finalisés le 11 mai », a annoncé le porte-parole du ministère, Öncü Keçeli, sur X.
Selon le nouveau règlement, l’origine et la destination finale des marchandises peuvent désormais être indiquées comme étant la Turquie et l’Arménie, bien que les échanges continueront de transiter par un pays tiers en raison de l’absence de poste-frontière fonctionnel.
« Les travaux techniques et bureaucratiques nécessaires à l’ouverture de la frontière commune entre les deux pays se poursuivent », a déclaré le porte-parole.
En pratique, les échanges commerciaux entre les deux pays ont déjà lieu des deux côtés, notamment via la Géorgie.
Cette dernière annonce marque une nouvelle étape vers la normalisation entre Ankara et Erevan après la prise du Karabakh par l’Azerbaïdjan, qui a entraîné le départ de la plupart de la population arménienne.
Le mois dernier, les deux pays ont décidé de remettre en service la ligne ferroviaire Kars-Gyumri de part et d’autre de la frontière.
La compagnie aérienne nationale turque, Turkish Airlines, a effectué son premier vol direct entre Istanbul et Erevan en mars.
Mais des divisions persistent entre les deux parties.
Les Arméniens affirment que 1,5 million de leurs concitoyens ont été tués sous l’Empire ottoman entre 1915 et 1917 et cherchent à obtenir une reconnaissance internationale du génocide.
La Turquie rejette fermement l’accusation de génocide et conteste ces chiffres, affirmant que les Arméniens figuraient parmi les centaines de milliers de personnes mortes dans les troubles de la Première Guerre mondiale lors de la dislocation de l’Empire ottoman.
© Agence France-Presse




