Sondage : İmamoğlu devancerait Erdoğan de 16 points en cas de second tour présidentiel
Le maire d’İstanbul, Ekrem İmamoğlu, actuellement en détention provisoire, distancerait largement le président Recep Tayyip Erdoğan lors d’un éventuel second tour de l’élection présidentielle, avec une avance de 16 points, selon les résultats d’un nouveau sondage.
Cette enquête, menée par l’institut stambouliote Gündemar du 21 au 24 janvier auprès de 2 255 personnes dans 60 provinces, a examiné différents scénarios de second tour et les tendances électorales. Les résultats indiquent que toutes les grandes figures de l’opposition testées surpassent Erdoğan dans ces hypothèses.
Dans une simulation de duel entre İmamoğlu (CHP, parti républicain du peuple) et Erdoğan — avant redistribution des indécis et votes protestataires (bulletins exprimés par mécontentement plutôt que par soutien) — İmamoğlu recueille 48,03 % contre 34,68 % pour le président sortant.
Après redistribution proportionnelle des indécis, l’écart se creuse à 16,14 points : 58,07 % pour le maire d’İstanbul contre 41,93 % pour Erdoğan.

İmamoğlu, perçu comme le principal rival politique d’Erdoğan, a été arrêté en mars 2025 pour corruption — des accusations qualifiées de politiques par ses soutiens. Sa détention a provoqué d’importantes manifestations, les plus massives depuis 2013, exacerbant les tensions. Il a été désigné candidat à la présidentielle par son parti le jour même de son incarcération.
Le sondage inclut d’autres opposants : le maire d’Ankara Mansur Yavaş (CHP) et le chef du CHP Özgür Özel devanceraient aussi Erdoğan au second tour, confirmant l’avantage global de l’opposition.
L’étude explore également des candidats alternatifs dans les cercles pro-gouvernementaux.
Selçuk Bayraktar, gendre d’Erdoğan et PDG du fabricant d’armements Baykar — parfois évoqué comme futur candidat — fait mieux que le président dans certains scénarios, mais reste derrière İmamoğlu et l’opposition.
Bayraktar, sans mandat électif, doit sa notoriété à l’industrie de défense turque et aux drones nationaux, pilier du discours gouvernemental sur la souveraineté technologique.
Ces résultats surviennent alors que s’intensifie le débat sur une éventuelle succession d’Erdoğan.
Bilal Erdoğan, fils du président, suscite également l’attention depuis quelques mois, alimentant les spéculations sur un rôle politique futur. Bien qu’il n’occupe aucun poste élu ou ministériel, ses prises de parole médiatisées le positionnent comme figure potentielle de l’après-Erdoğan.
La prochaine élection présidentielle est prévue pour 2028, mais l’opposition réclame un scrutin anticipé depuis l’arrestation d’İmamoğlu en 2025.
Certains affirment qu’Erdoğan chercherait à neutraliser İmamoğlu s’il briguait un nouveau mandat.




