Les forces turques et somaliennes libèrent un cargo détourné ; la Somalie annonce la mort de 14 pirates
Les points importants
- Opération conjointe : Les forces turques et somaliennes libèrent le cargo MV LUTUF après dix jours de traque.
- Bilan contesté : La Somalie annonce 14 pirates tués, sans preuves indépendantes ni confirmation des blessés parmi l’équipage.
- Coopération stratégique : L’intervention s’inscrit dans l’accord de défense turco-somalien de 2024, renforçant la sécurité maritime régionale.
Les forces turques et somaliennes ont libéré un cargo battant pavillon camerounais détourné au large de la Somalie après une opération de dix jours au cours de laquelle 14 présumés pirates ont été tués, a annoncé samedi le ministère somalien de la Défense.
Le ministère a précisé que quatre embarcations utilisées par les pirates avaient été détruites pendant l’opération et que la pression militaire soutenue avait contraint les derniers pirates à abandonner le MV LUTUF.
« Les forces ont ensuite sécurisé le MV LUTUF, qui a désormais repris sa route en toute sécurité », a déclaré le ministère.
Le ministère n’a pas précisé si des membres de l’équipage du navire avaient été blessés ni fourni de preuves étayant le bilan annoncé. Ces détails n’ont pu être vérifiés de manière indépendante.
Le navire avait été saisi le 17 août au large de Jifle, dans le district d’Eyl, dans la région du Nugaal, au nord-est de la Somalie, qui fait partie de l’État semi-autonome du Pount.
Un ancien de la région, Abdullahi Warsame, a indiqué à l’Associated Press que le navire et son équipage avaient été libérés.
L’AP avait précédemment rapporté, citant un responsable somalien anonyme, que le navire comptait un équipage de dix personnes comprenant six ressortissants indiens, un ressortissant turc, un Géorgien et deux agents de sécurité serbes.
Le navire, qui bat pavillon camerounais, appartient à Polar Movement Shipping. Les données de suivi maritime ont montré qu’il avait quitté la Turquie fin juillet, avec pour destination le port tanzanien de Dar es Salaam.
L’AP a rapporté, citant le même responsable somalien anonyme, que le navire transportait des armes turques ainsi que des équipements de communication et satellites destinés à une base d’entraînement militaire turque à Mogadiscio.
Ni la Turquie ni la Somalie n’ont officiellement confirmé la nature de la cargaison.
Le ministère somalien de la Défense a déclaré que l’opération avait été menée dans le cadre d’un accord de coopération bilatérale en matière de défense visant à protéger le littoral somalien, à renforcer la sécurité maritime et à lutter contre la piraterie.
La Turquie et la Somalie ont signé un accord de coopération économique et de défense de dix ans en février 2024, en vertu duquel Ankara s’est engagée à aider la Somalie à protéger ses eaux territoriales et à développer ses capacités navales. La Turquie exploite également sa plus grande base d’entraînement militaire à l’étranger à Mogadiscio et a formé des milliers de soldats somaliens.
La piraterie dans la Corne de l’Afrique a atteint son plus haut niveau depuis 2013, selon une analyse de l’AFP basée sur les données de l’Organisation maritime internationale.
Au moins 15 attaques ont été signalées depuis le début de l’année 2026 dans le golfe d’Aden, la mer d’Oman et l’océan Indien, dans un rayon de 2 000 kilomètres (1 240 miles) autour de la Somalie. Huit de ces attaques ont eu lieu depuis mai.
La piraterie était très répandue au large de la Somalie à la fin des années 2000 et a culminé en 2011, avec environ 200 attaques recensées. La menace a ensuite fortement diminué grâce aux patrouilles navales internationales, à la présence d’agents de sécurité armés à bord des navires marchands et à d’autres mesures de protection.
Les attaques ont recommencé à augmenter fin 2023, alors que les ressources navales internationales étaient redirigées vers la protection des navires contre les attaques des rebelles houthis du Yémen dans et autour de la mer Rouge.
Agence France-Presse, avec des informations de Turkish Minute



