Les États-Unis sanctionnent 3 entreprises basées en Turquie liées à la production de drones Shahed iraniens
Le département du Trésor américain a annoncé mercredi des sanctions contre plus de 30 personnes, entreprises et navires accusés de soutenir les ventes de pétrole et la production d’armes de l’Iran, incluant trois sociétés enregistrées en Turquie que les autorités américaines lient au programme de drones Shahed.
Le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) a précisé que ces désignations concernaient également 12 navires décrits comme faisant partie d’une « flotte fantôme » iranienne utilisée pour exporter du pétrole. L’OFAC affirme avoir ciblé des réseaux soupçonnés d’aider le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et le ministère iranien de la Défense à se procurer des matériaux et machines sensibles pour la production d’armes.
Les entreprises turques sanctionnées sont UTUŞ Gümrükleme Gıda Tekstil İthalat İhracat Dış Ticaret ve Sanayi Limited Şirketi, Arya Global Gıda Sanayi ve Ticaret Limited Şirketi et Altis Tekstil Makina Ticaret Limited Şirketi. Basées à Istanbul, elles sont désormais « sujettes à des sanctions secondaires », ce qui peut affecter leurs partenaires non-américains.
Selon l’OFAC, ces sociétés ont servi d' »intermédiaires financiers » pour Oje Parvaz Mado Nafar Company (alias Mado), un fabricant iranien de moteurs pour drones Shahed 131 et 136 – tristement célèbres depuis leur utilisation par la Russie en Ukraine.
L’OFAC détaille des transferts suspects : des centaines de milliers de dollars depuis UTUŞ, plus d’un million depuis Arya et des dizaines de milliers depuis Altis, destinés selon Washington à des achats de machines sensibles pour un programme de missiles balistiques de l’IRGC.
Le volet maritime des sanctions mentionne le pétrolier ALAA (pavillon du Palau) ayant livré du gaz iranien en Turquie depuis 2022. Son propriétaire, Kaito Navigation SA (Libéria), est sanctionné sous un décret ciblant le secteur pétrochimique iranien.
Aucun port ou entreprise turque n’est explicitement nommé dans le cadre des livraisons de l’ALAA, et l’OFAC ne précise pas si ces cargaisons ont été commercialisées en Turquie ou réexportées.
Ces sanctions s’appuient sur plusieurs décrets présidentiels américains, dont l’un vise les proliférateurs d’armes de destruction massive et l’autre le secteur énergétique iranien.
Cette escalade survient alors que l’administration Trump intensifie sa pression sur Téhéran, menaçant d’une action militaire en l’absence d’accord sur le nucléaire – que l’Iran affirme poursuivre à des fins civiles.




