Le retard dans la remise des lettres de créance de l’ambassadeur turc en Syrie interroge sur les relations entre Ankara et Damas
L’ambassadeur de Turquie en Syrie, Nuh Yılmaz, a présenté ses lettres de créance au président intérimaire Ahmed al-Sharaa 84 jours après son arrivée à Damas, un délai que les critiques estiment refléter des tensions entre Ankara et le nouveau leadership syrien.
Cette attente inhabituellement longue attire l’attention car la Turquie était l’un des principaux soutiens étrangers des forces ayant contribué à renverser Bachar al-Assad, pourtant son envoyé a dû patienter près de trois mois pour la cérémonie officielle.

Yılmaz a été nommé le 19 novembre 2025 et est arrivé à Damas le 22 décembre. Il a présenté officiellement ses lettres de créance 117 jours après sa nomination.
Ahmet Erozan, ambassadeur à la retraite et responsable des relations internationales du parti d’opposition İYİ (Bon), a déclaré que ce retard reflétait la position de la Turquie en Syrie, arguant qu’Ankara avait été forcée d’attendre malgré son soutien passé à l’opposition armée.
Yılmaz avait initialement remis une copie de ses lettres de créance au ministre syrien des Affaires étrangères par intérim, Asaad al-Shaibani, le 30 décembre, mais la cérémonie officielle avec al-Sharaa n’a eu lieu que des semaines plus tard.
D’autres pays ont complété le processus plus rapidement. L’ambassadeur du Liban a présenté ses lettres de créance 47 jours après sa nomination, celui du Qatar après 50 jours et celui des Émirats arabes unis après 95 jours.
Ce retard coïncide avec des signes de friction entre Ankara et Damas, notamment concernant la gestion par la nouvelle administration syrienne des groupes armés kurdes que la Turquie considère comme des menaces sécuritaires.
La semaine dernière, la Syrie a nommé Sipan Hemo, commandant des Forces démocratiques syriennes, comme vice-ministre de la Défense dans le cadre d’un accord d’intégration signé le 29 janvier. Les Forces démocratiques syriennes sont une coalition menée par les Kurdes et soutenue par les États-Unis, que la Turquie considère comme liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit.
Les autorités turques recherchent Hemo sous le nom de Semir Asu via un mandat rouge d’INTERPOL. Sa nomination semble tester l’influence d’Ankara à Damas et attire l’attention car des responsables turcs avaient précédemment indiqué que de telles nominations seraient soumises à un filtrage sécuritaire syrien.
Lorsque les premières rumeurs de la possible nomination de Hemo ont émergé en février, le ministère turc de la Défense avait déclaré que les postes dans le cadre du processus d’intégration seraient décidés selon les procédures et vérifications sécuritaires syriennes. Après la finalisation de la nomination, le ministère n’a publié aucune déclaration supplémentaire.
Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan n’a pas non plus abordé la question lors de deux conférences de presse la semaine dernière.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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