Le Parlement européen exhorte la Turquie à mettre fin aux expulsions de chrétiens étrangers et de journalistes
Le Parlement européen a condamné jeudi ce qu’il qualifie d’expulsions ciblées de chrétiens étrangers et de journalistes par la Turquie pour des motifs de sécurité nationale, exhortant Ankara à cesser d’utiliser des mesures administratives interdisant à certaines personnes d’entrer ou de revenir dans le pays.
Les députés ont adopté une résolution non contraignante par 514 voix pour, trois contre et 56 abstentions, selon un communiqué de presse du Parlement européen.
Le texte appelle la Turquie à mettre fin à ce qu’il décrit comme du harcèlement judiciaire et administratif contre les journalistes étrangers. Il exhorte également les autorités turques à cesser d’utiliser des codes administratifs pour identifier au moins 300 chrétiens étrangers comme des menaces pour la sécurité nationale et à permettre le retour des personnes expulsées.
L’Alliance Defending Freedom International, un groupe de défense chrétien, a déclaré ce mois-ci que la Cour européenne des droits de l’homme a examiné 20 cas déposés par des chrétiens affirmant que la Turquie leur avait effectivement interdit de revenir pour des motifs liés à leur foi.
Un rapport d’un organe de surveillance du gouvernement américain l’année dernière a révélé des interdictions de sécurité nationale visant des membres du clergé protestant étrangers ayant légalement résidé en Turquie, selon un rapport de l’AFP.
La Turquie a rejeté ces accusations. Le centre de lutte contre la désinformation de la présidence turque avait précédemment qualifié ces allégations de dénuées de fondement, les présentant comme faisant partie d’une campagne de désinformation ciblant la Turquie.
La Turquie a également pris pour cible des reporters étrangers avec des poursuites judiciaires et des expulsions ces dernières années, notamment l’expulsion du journaliste de la BBC Mark Lowen en mars 2025 après son reportage à Istanbul, selon des groupes de défense de la liberté de la presse et d’autres rapports.
Les relations entre la Turquie et l’Union européenne sont tendues depuis des années en raison des inquiétudes de Bruxelles concernant le recul démocratique. Cette relation est également marquée par des différends en Méditerranée orientale, ainsi que par la coopération sur le commerce et les migrations, les discussions sur la modernisation de l’union douanière UE-Turquie étant régulièrement évoquées comme un domaine d’intérêt mutuel.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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