Le ministre turc des Affaires étrangères participera au sommet des Trois Mers alors qu’Ankara cherche à jouer un rôle dans le forum européen de connectivité
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan participera mardi au sommet de l’Initiative des Trois Mers à Dubrovnik, alors qu’Ankara cherche à jouer un rôle plus important dans une plateforme européenne axée sur les transports, l’énergie et les infrastructures numériques, dans un contexte où la guerre en Iran, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et l’instabilité au Moyen-Orient suscitent des inquiétudes concernant les routes commerciales et la sécurité énergétique.
Fidan représentera le président Recep Tayyip Erdoğan lors de ce sommet en Croatie, selon des sources diplomatiques turques citées par l’agence de presse publique Anadolu. La participation de Fidan marquera la première présence de la Turquie à un sommet des Trois Mers en tant que partenaire stratégique, après qu’Ankara a obtenu ce statut lors du sommet de 2025 à Varsovie, où elle était représentée par le ministre des Transports et des Infrastructures Abdulkadir Uraloğlu.
L’Initiative des Trois Mers a été lancée en 2015 par la Pologne et la Croatie pour améliorer les liens infrastructurels entre les pays de l’Union européenne en Europe centrale et orientale. Ses travaux portent sur des projets de transport, d’énergie et de numérique dans toute la région située entre les mers Baltique, Adriatique et Noire.
La Croatie, qui assure la présidence de l’initiative, accueillera le 11e sommet les 28 et 29 avril à Dubrovnik, ainsi qu’un forum économique. Les responsables croates ont indiqué que l’ordre du jour inclura la connectivité régionale, la sécurité énergétique, les infrastructures stratégiques, la compétitivité de l’UE et les investissements privés.
La Turquie n’est pas membre de l’initiative, car la participation pleine et entière est réservée aux États membres de l’UE. Ankara a rejoint en tant que partenaire stratégique en 2025, lui offrant ainsi un rôle formel dans une plateforme qui collabore également avec des partenaires extérieurs au bloc.
Ce sommet intervient après que les frappes américaines et israéliennes fin février contre l’Iran ont déclenché un conflit régional et poussé l’Iran à limiter le passage par le détroit d’Ormuz, une voie cruciale pour les exportations mondiales de pétrole et de gaz. Un cessez-le-feu négocié par le Pakistan le 8 avril a apaisé les tensions immédiates, mais la crise maintient la sécurité énergétique et les routes maritimes au cœur des préoccupations régionales.
Fidan devrait souligner la position de la Turquie dans les routes commerciales et énergétiques reliant l’Europe à la mer Noire, au Caucase, à l’Asie centrale et au Moyen-Orient. Ankara a promu le Corridor central, une route reliant la Chine à l’Europe via l’Asie centrale, la mer Caspienne, le Caucase du Sud et la Turquie, ainsi que le projet « Route du développement », un axe ferroviaire et routier prévu entre le golfe Persique irakien, la Turquie et l’Europe.
Cette réunion offre à Ankara une plateforme pour présenter la Turquie comme un hub de transport et d’énergie, alors que l’Europe cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement et des alternatives aux routes exposées aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.




