Le ministre israélien des Affaires étrangères révèle une réunion de haut niveau avec la Turquie sur la Syrie alors que les tensions persistent
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a déclaré que des responsables turcs et israéliens de haut niveau se sont rencontrés il y a environ un mois pour établir un mécanisme visant à prévenir les escalades liées à la Syrie.
Saar a fait ces remarques dans une interview accordée à l’agence de presse azerbaïdjanaise APA publiée lundi lors de sa visite à Bakou. Il a déclaré qu’Israël espérait « un avenir différent et meilleur » dans les relations avec la Turquie, mais a ajouté que cela dépendait « entièrement de la partie turque ».
Le chef de la diplomatie israélienne n’a pas décrit le format du mécanisme ni identifié les participants à la réunion, se contentant de qualifier cette rencontre de rassemblement de « hauts responsables » des deux côtés.
Des contacts techniques entre Ankara et Israël avaient déjà été révélés en avril, lorsque des responsables turcs et israéliens avaient tenu des pourparlers en Azerbaïdjan visant à éviter des incidents entre leurs forces opérant en Syrie et dans ses environs.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan avait alors déclaré que ces contacts étaient techniques et ne visaient pas à normaliser les relations.
Cette nouvelle insistance sur un mécanisme intervient alors que la Turquie, Israël et d’autres puissances régionales tentent de protéger leurs intérêts dans une Syrie en mutation rapide, où l’effondrement du régime de Bachar al-Assad a remodelé les déploiements militaires et les alliances.
La Turquie déploie des troupes et des factions syriennes alliées dans certaines parties du nord de la Syrie et affirme que ses principaux objectifs sont la sécurité des frontières et la prévention des menaces liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), que la Turquie et ses alliés occidentaux désignent comme une organisation terroriste.
Israël mène depuis des années des frappes en Syrie, affirmant qu’il agit pour stopper les menaces près de ses frontières et perturber les transferts d’armes et les réseaux liés à l’Iran et aux groupes soutenus par l’Iran. Ces frappes se sont intensifiées après la chute d’Assad, augmentant les risques d’erreurs de calcul alors que de nouveaux acteurs s’installaient dans d’anciennes installations du régime et dans son espace aérien.
Saar reproche à Ankara la détérioration
Saar a déclaré qu’Israël n’avait aucun intérêt à détériorer davantage ses relations avec la Turquie et a soutenu que des liens qui étaient autrefois « très bons » s’étaient détériorés en raison des choix d’Ankara.
Il a refusé de spéculer sur les raisons de cette détérioration dans son interview à l’APA, tout en rejetant la responsabilité sur la Turquie et en conditionnant toute amélioration aux décisions turques.
Des pourparlers sur la Syrie dans l’ombre de Gaza
La Turquie et Israël avaient rétabli des relations diplomatiques pleines et entières en 2022 après des années de tensions. La relation est ensuite entrée en crise après qu’Israël eut lancé sa campagne militaire à Gaza suite à l’attaque menée par le Hamas en octobre 2023.
La Turquie a qualifié les actions d’Israël à Gaza de génocide et a soutenu des recours et initiatives devant les tribunaux et forums internationaux. Israël rejette les accusations de génocide et affirme agir en légitime défense contre le Hamas.
La Turquie a également suspendu son commerce avec Israël en mai 2024, une mesure que les responsables turcs ont liée à la situation humanitaire à Gaza. Des critiques ont cependant affirmé que les échanges commerciaux entre les deux pays se poursuivaient, évoquant des expéditions de pétrole et des marchandises réacheminées via des pays tiers.
Malgré cette rupture, les deux pays ont laissé entendre ces derniers mois qu’ils ne souhaitaient pas de confrontation directe en Syrie, où leurs intérêts peuvent entrer en collision.
Dans la même interview, Saar a déclaré qu’il ne s’attendait pas à une normalisation avec la Syrie dans un avenir proche et a décrit les contacts actuels comme étant axés sur des arrangements sécuritaires limités plutôt que sur un règlement politique plus large.
Il a déclaré que tout arrangement en discussion ne constituerait pas une paix ou une normalisation, tout en laissant ouverte la possibilité de progrès plus larges à l’avenir si les tensions peuvent être évitées.




