Le ministre des Affaires étrangères Fidan représentera la Turquie au Conseil de la Paix de Trump : Erdoğan
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré mercredi que le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan représentera la Turquie au sein du « Conseil de la Paix » proposé par le président américain Donald Trump, visant à résoudre les conflits, a rapporté l’agence de presse Anka.
Erdoğan a fait cette déclaration après une réunion du groupe parlementaire de son Parti de la justice et du développement (AKP), répondant brièvement à une question d’un journaliste sur sa participation personnelle à cet organe de paix centré sur Gaza, proposé par Trump.
« M. Fidan y participera », a déclaré Erdoğan, sans plus de détails.
Ce conseil a initialement été conçu pour superviser la reconstruction de Gaza, où une trêve fragile est en place depuis octobre, mais sa charte ne semble pas limiter son rôle au territoire palestinien occupé.
Selon la charte, consultée par l’Agence France-Presse, le Conseil de la Paix cherchera à promouvoir la stabilité, rétablir la gouvernance et garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits, en conformité avec le droit international. Les États membres seront invités par Trump et représentés par leur chef d’État ou de gouvernement.
Selon la structure proposée, Trump occupera le poste de président avec une autorité étendue sur l’agenda et l’organisation interne. Les États membres serviront généralement pour un mandat de trois ans, mais les pays contribuant un milliard de dollars dès la première année seront exemptés de cette limite, obtenant ainsi un statut permanent.
La déclaration d’Erdoğan intervient un jour après que son allié d’extrême droite, Devlet Bahçeli, ait affirmé que le président turc devrait présider ce conseil, arguant que la Turquie devrait diriger les efforts internationaux sur Gaza et la question palestinienne.
« Sur la question de la Palestine et de Gaza, le président du Conseil de la Paix devrait être le président turc, Recep Tayyip Erdoğan », a déclaré Bahçeli lors d’une réunion de parti mardi. « La paix devrait commencer par la Turquie. »
La Turquie avait précédemment indiqué qu’elle examinait encore la proposition. Dans un communiqué mardi, Fidan a déclaré qu’Ankara analysait le cadre juridique et le mandat du conseil, ajoutant qu’Erdoğan prendrait une décision prochainement.
Des diplomates de plusieurs pays ont exprimé des réserves sur cette initiative, avertissant qu’elle pourrait affaiblir les Nations unies et les mécanismes internationaux existants pour la résolution des conflits. La France a annoncé qu’elle ne participerait pas, tandis que des dizaines d’autres pays, dont la Chine, l’Inde, la Russie, l’Ukraine et le Canada, ont confirmé avoir reçu des invitations, selon l’AFP.
La décision d’Erdoğan de déléguer la représentation à Fidan semble indiquer la volonté de la Turquie de s’engager dans l’initiative sans pour autant impliquer directement le président dans un rôle formel.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accepté une invitation à rejoindre le conseil, a annoncé son bureau mercredi.
« Le Premier ministre Netanyahu a annoncé avoir accepté l’invitation du président américain Donald Trump et qu’il rejoindra le Conseil de la Paix, composé de dirigeants du monde entier », a déclaré son bureau dans un communiqué.
En annonçant la création du conseil la semaine dernière, Trump a également dévoilé des plans pour établir un « Conseil exécutif pour Gaza » opérant sous cette structure.
Ce conseil exécutif inclurait le Turc Fidan et le diplomate qatari Ali Al-Thawadi.
Netanyahu s’est fermement opposé à leur inclusion.
Les relations entre la Turquie et Israël se sont détériorées depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, suite à une attaque sans précédent du Hamas contre Israël.
Un comité distinct de 15 technocrates palestiniens a également été formé pour superviser l’administration quotidienne de Gaza dans le cadre de la deuxième phase d’un plan de trêve annoncé par Trump en octobre.
Ce comité, dirigé par Ali Shaath, natif de Gaza et ancien vice-ministre de l’Autorité palestinienne, a commencé ses travaux préliminaires au Caire cette semaine.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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