Le Hamas transfère ses activités dirigeantes en Turquie et cherche à renouer avec la Syrie
Les points importants
- Transfert stratégique : Le Hamas déplace ses activités dirigeantes du Qatar vers la Turquie pour alléger la pression sur Doha.
- Rapprochement syrien : Le groupe explore des liens plus étroits avec la Syrie après des années de rupture.
- Rôle clé d’Ankara : La Turquie maintient des contacts réguliers avec le Hamas, qu’elle ne considère pas comme une organisation terroriste.
Le Hamas a transféré l’essentiel de ses activités dirigeantes et réunions internes du Qatar vers la Turquie, tout en explorant un rapprochement avec le nouveau gouvernement syrien, a rapporté jeudi Asharq Al-Awsat, citant trois sources anonymes proches du mouvement.
Le groupe palestinien avait tenu en mai à Istanbul une élection sans vainqueur pour la tête de son bureau politique et devrait reprendre ce processus une fois le vote dans les territoires palestiniens achevé, ont indiqué les sources au quotidien saoudien.
Selon elles, la plupart des dirigeants du Hamas résident désormais de longues périodes en Turquie, où se tiennent les réunions sur les négociations de cessez-le-feu, les affaires internes et d’autres sujets. L’une des sources a présenté ce transfert comme une tentative d’alléger la pression sur le Qatar, plutôt que le signe d’un différend avec Doha.
Une autre source a évoqué des préoccupations sécuritaires après la frappe israélienne de septembre 2025 contre des dirigeants du Hamas à Doha, qui a tué cinq membres du Hamas et un agent de sécurité qatari, sans parvenir à éliminer les négociateurs principaux du groupe.
La Turquie maintient des contacts réguliers au plus haut niveau avec le Hamas. Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a rencontré une délégation conduite par Khalil al-Hayya à Ankara le 31 mars, et le président Recep Tayyip Erdoğan a reçu une délégation du Hamas à Istanbul le 4 avril. Le chef des services de renseignement turcs, İbrahim Kalın, avait également rencontré al-Hayya et d’autres responsables à Istanbul en janvier.
Contrairement aux États-Unis et à l’Union européenne, la Turquie ne qualifie pas le Hamas d’« organisation terroriste ».
Rapprochement avec la Syrie
Ce transfert coïncide avec des déclarations du Hamas condamnant les récents attentats à Damas, notamment des explosions survenues lors de la visite du président français Emmanuel Macron. Le Hamas a exprimé son soutien à la direction, au gouvernement et au peuple syriens, accusant les auteurs des attaques de chercher à semer le chaos.
Une source haut placée du Hamas a déclaré à Asharq Al-Awsat que le rapprochement avec la Syrie s’inscrivait naturellement dans la volonté du groupe de maintenir des relations dans toute la région. Cette source a précisé qu’aucune visite officielle du Hamas n’était prévue, mais qu’elle pourrait avoir lieu une fois que le gouvernement syrien aura stabilisé ses priorités intérieures et extérieures.
Le Hamas était basé à Damas pendant des années avant de quitter la Syrie en 2012, après s’être opposé à la répression du soulèvement par Bachar al-Assad. Il a rétabli ses liens avec le régime d’Assad en 2022, puis a félicité les Syriens après sa chute en décembre 2024.
Ce rapport intervient alors que le Hamas se prépare également à transférer l’administration civile de Gaza à un comité soutenu par la communauté internationale, sans toutefois avoir accepté de désarmer.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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