Le chef de l’opposition principale accuse le gouvernement de prendre son parti pour cible après des années de pression sur les Kurdes
Özgür Özel, leader du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition en Turquie, affirme que le gouvernement turc a remplacé sa politique de répression contre les Kurdes par une campagne de pression visant désormais son parti.
Le CHP est le plus ancien parti politique turc et le principal groupe d’opposition au parlement.
Ces déclarations interviennent dans un contexte que le CHP qualifie de « coup d’État judiciaire » suite à sa victoire écrasante aux élections locales de mars 2024.
Özel s’est exprimé devant un groupe de journalistes à Ankara, rapportant selon Murat Sabuncu, chroniqueur du site d’information T24, que le gouvernement turc considérait autrefois les Kurdes comme une menace mais applique désormais la même approche à l’opposition.
Les Kurdes en Turquie constituent la plus grande minorité et dénoncent depuis longtemps des discriminations de la part des institutions étatiques.
Özel a déclaré aux journalistes que ce revirement montre que le gouvernement a créé un système qui désigne différents groupes comme ennemis selon les besoins politiques.
Le président Recep Tayyip Erdoğan et ses soutiens au sein de l’appareil d’État cherchent à bloquer tout mouvement politique susceptible de remporter le pouvoir, a affirmé le leader du CHP selon les comptes-rendus.
Il explique que ces groupes ciblent désormais le CHP car le maire emprisonné d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, représente le défi électoral le plus sérieux pour le président.
İmamoğlu fait face à une importante affaire pénale incluant des accusations de corruption qu’il et le CHP qualifient de motivations politiques.
Le récent acte d’accusation contre İmamoğlu laisse également entrevoir une possible procédure de dissolution du CHP devant la haute cour du pays.
Özel estime que cette possibilité confirme l’objectif d’affaiblir l’opposition comme les gouvernements précédents ont restreint les groupes politiques kurdes.
Qualifiant les pressions actuelles de judiciaires, Özel dénonce un système dominé par les juges plutôt que par les élus.
Le CHP continuera son travail auprès des électeurs kurdes et ne permettra pas au gouvernement de diviser les groupes d’opposition, a assuré Özel.
Le parti présentera de nouvelles propositions politiques lors de son congrès de novembre et se préparera aux élections malgré les pressions, a-t-il ajouté selon T24.
Ces déclarations surviennent alors que le CHP dénonce un « coup d’État judiciaire » après son succès aux élections locales de mars 2024.
Dans un rapport d’octobre intitulé « La justice contre les urnes : anatomie d’un coup d’État », le parti révèle que 16 maires du CHP restent emprisonnés et 13 municipalités sont sous tutelle gouvernementale.
Le document recense des centaines d’arrestations de maires et responsables de l’opposition pour corruption ou liens présumés avec le terrorisme, accusant le gouvernement d’instrumentaliser la justice pour annuler ses défaites électorales.




