Le chef de l’opposition exhorte Ankara à interdire l’utilisation du sol turc par les États-Unis pour des frappes en Iran
Le chef de l’opposition turque et ancien Premier ministre Ahmet Davutoğlu a exhorté samedi le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan à déclarer immédiatement le territoire turc et ses installations militaires interdits à toute attaque contre l’Iran et à demander des consultations selon l’article 4 de l’OTAN pour obtenir des explications de Washington sur cette opération.
Davutoğlu, qui dirige le Parti Gelecek (Avenir), a lancé cet appel après que les États-Unis et Israël ont mené des frappes conjointes sur des cibles en Iran, une escalade qui a secoué la région et plongé les civils iraniens dans la panique, selon des rapports internationaux.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Davutoğlu a affirmé que ces frappes conjointes montraient que la crise ne concernait pas principalement le programme nucléaire iranien. Il a estimé qu’Ankara devait agir pour éviter que la Turquie ne soit entraînée dans un conflit plus large. Il a réclamé un engagement public explicite stipulant que le sol turc « ne peut être utilisé » pour des attaques contre l’Iran et demandé un contrôle turc renforcé sur la base aérienne d’Incirlik, dans le sud du pays, incluant son transfert intégral sous gestion des Forces armées turques en cas de demande d’utilisation pour des frappes ou d’utilisation non autorisée.
Il a également exhorté le gouvernement à fermer le site radar de Kürecik, dans l’est de la Turquie, et à demander une consultation urgente de l’OTAN selon l’article 4, le mécanisme de l’alliance permettant à tout membre d’exiger des discussions lorsqu’il estime sa sécurité menacée.
La Turquie héberge des installations clés de l’OTAN et des États-Unis qui suscitent depuis longtemps des interrogations lors de crises régionales. Le site de Kürecik, dans la province de Malatya, est un radar d’alerte précoce lié à l’architecture de défense antimissile de l’OTAN, un système critiqué en Turquie car il exposerait davantage Ankara dans un affrontement impliquant l’Iran.
Davutoğlu a aussi plaidé pour une « diplomatie téléphonique » immédiate avec le président américain Donald Trump et les dirigeants des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que pour une relance des discussions dans le format « P5+1 » qui gérait auparavant les négociations sur le programme nucléaire iranien.
Ces frappes sont intervenues alors qu’une diplomatie autour du programme nucléaire iranien était en cours, avec des pourparlers signalés à Genève avant l’opération.
La Turquie est membre de l’OTAN mais entretient également des liens commerciaux et énergétiques avec l’Iran.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




