L’allié d’extrême droite d’Erdoğan exige une fin rapide des procès visant les municipalités d’opposition
Devlet Bahçeli, le leader du Parti d’action nationaliste (MHP) d’extrême droite et principal allié du président Recep Tayyip Erdoğan, a appelé lundi à une conclusion rapide d’une vague de procès visant les municipalités dirigées par l’opposition, une campagne qui a conduit à l’arrestation de 17 maires du Parti républicain du peuple (CHP) et déclenché les plus grandes manifestations de rue en Turquie depuis dix ans.
Ces arrestations s’inscrivent dans une répression d’envergure lancée fin 2024, que le gouvernement justifie par la lutte contre la corruption et le terrorisme, mais que les critiques dénoncent comme une purge politique destinée à affaiblir le CHP. Les autorités ont arrêté au moins 17 maires du CHP — dont ceux d’Istanbul, Adana, Antalya, Adıyaman et plusieurs arrondissements clés — ainsi que des centaines d’élus locaux.
La cible la plus emblématique reste le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, considéré comme le principal rival électoral d’Erdoğlu. İmamoğlu a été arrêté en mars pour corruption et « appartenance à une organisation terroriste », quelques jours après l’annulation de son diplôme universitaire par le conseil électoral, l’empêchant ainsi de se présenter à la présidentielle. Son arrestation a provoqué des manifestations massives dans les grandes villes, rappelant par leur ampleur les protestations du parc Gezi en 2013.
Bahçeli a exhorté à ce que « la justice accomplisse pleinement son œuvre » une fois terminée la trêve estivale du pouvoir judiciaire. Il a déclaré que les enquêtes et procès en cours concernant les municipalités devaient être menés « rapidement » pour mettre fin à ce qu’il qualifie de conflits infondés sapant le moral national. Tout en soutenant la procédure judiciaire, son insistance sur la célérité et la clôture des dossiers est interprétée par certains analystes comme un signe de malaise face à la durée prolongée de cette répression.
Le gouvernement maintient que ces opérations sont légales et nécessaires, invoquant des liens présumés entre certaines administrations locales et des groupes interdits comme le PKK, classé comme « organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux. Les procureurs ont également inculpé des maires du CHP pour fraude et abus de fonction, affirmant que ces affaires reposent sur des preuves recueillies lors d’enquêtes de longue date.
Le CHP rejette ces accusations comme étant infondées et politiquement motivées, accusant Erdoğan d’instrumentaliser les tribunaux pour évincer ses rivaux élus et installer des administrateurs pro-gouvernementaux dans les bastions d’opposition. Les organisations de défense des droits humains et les gouvernements occidentaux ont exprimé leur inquiétude face à ces arrestations, mettant en garde contre leur impact sur les normes démocratiques.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




