La Turquie vise le top 5 des actifs financiers islamiques, déclare le ministre des Finances
Le ministre turc du Trésor et des Finances Mehmet Şimşek a déclaré que la Turquie ambitionne de figurer parmi les cinq premiers pays mondiaux en termes d’actifs financiers islamiques, affirmant que ce secteur peut orienter les capitaux vers le développement plutôt que vers des flux financiers à court terme.
Şimşek s’est exprimé mercredi lors du Sommet mondial de l’économie islamique à Istanbul, une réunion rassemblant décideurs politiques, investisseurs et institutions financières autour des enjeux de l’économie et de la finance islamiques.
La finance islamique, également appelée finance participative en Turquie, désigne des produits bancaires et d’investissement conformes aux règles islamiques interdisant l’intérêt et exigeant que les transactions soient adossées à des actifs ou partagent les risques.
Şimşek a souligné que la finance mondiale s’est détachée de l’économie réelle, une grande partie des investissements directs étrangers étant liée à des transferts entre centres financiers plutôt qu’à des investissements dans des usines, des infrastructures, des emplois et la production.
Il a affirmé que la finance islamique propose un modèle plus vertueux car fondé sur des actifs tangibles et le partage des risques et des rendements.
« La vision doit être de reconnecter les capitaux avec les priorités de développement », a insisté Şimşek.
Il a indiqué que la part des économies émergentes dans les investissements directs étrangers mondiaux est passée de 67% à environ 54% ces trois dernières années.
Le ministre a attribué ce recul à la fragmentation géopolitique et économique, au rapatriement des productions nationales, aux mesures de politique industrielle et aux mutations des chaînes d’approvisionnement.
Les actifs financiers islamiques ont été multipliés par 49 en termes nominaux depuis 2000 mais ne représentent encore qu’une faible part des actifs financiers mondiaux, a précisé Şimşek.
La Turquie occupe actuellement la neuvième place mondiale pour les actifs financiers islamiques et souhaite intégrer le top 5, a-t-il ajouté.
Selon le ministre turc, le secteur a besoin de davantage de produits financiers, d’une liquidité accrue et d’innovation pour rivaliser avec la finance conventionnelle.
Şimşek a également estimé que le Centre financier d’Istanbul devrait jouer un rôle plus important dans la finance islamique mondiale.
Évoquant le programme économique turc, Şimşek a réaffirmé la priorité donnée à la baisse de l’inflation, au maintien de la discipline budgétaire et au contrôle de la balance extérieure.
L’inflation recule mais à un rythme plus lent que prévu initialement, a reconnu le ministre, invoquant des chocs internes et externes.
Şimşek a précisé que la Turquie anticipe désormais un taux d’inflation en fin d’année compris entre 20% et 25%, voire proche de 30% si les cours du pétrole se maintiennent autour de 90 dollars le baril.




