La Turquie va rapatrier ses ressortissants d’une flottille d’aide pour Gaza interceptée par Israël
La Turquie a annoncé vendredi le rapatriement d’une vingtaine de ses ressortissants faisant partie d’une flottille humanitaire à destination de Gaza interceptée par les forces israéliennes dans les eaux internationales au large de la Crète, alors que des dizaines d’activistes du convoi débarquaient sur l’île grecque.
Escortés par les garde-côtes grecs, environ 175 militants, pour la plupart ressortissants de pays européens, ont été transportés en quatre cars vers le port d’Atherinolakkos, dans le sud-est de la Crète.
Alors qu’ils approchaient du port, les activistes scandaient « Palestine libre », ont constaté des journalistes de l’AFP.
Le ministère israélien des Affaires étrangères avait indiqué plus tôt qu’environ 175 militants avaient été débarqués de plus de 20 navires jeudi. Les organisateurs de la flottille évoquent pour leur part le chiffre de 211 personnes.
Le ministère turc des Affaires étrangères a précisé qu’une vingtaine de ressortissants turcs de la flottille, « appréhendés » par les forces israéliennes et emmenés en Crète, seraient rapatriés. Certains participants de pays tiers seraient également envoyés en Turquie.
La flottille, composée de plus de 50 navires, avait pris la mer ces dernières semaines depuis Marseille en France, Barcelone en Espagne et Syracuse en Italie.
Les organisateurs affirmaient vouloir briser le blocus de Gaza et apporter une aide humanitaire à ce territoire palestinien.
Israël contrôle tous les points d’accès à Gaza. Les Nations unies et les ONG étrangères accusent Israël de restreindre l’acheminement des marchandises vers ce territoire, provoquant des pénuries depuis le début de l’offensive israélienne contre le Hamas en octobre 2023.
La bande de Gaza subit un blocus israélien depuis 2007.
Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, a déclaré vendredi que « tous les activistes de la flottille se trouvent désormais en Grèce, à l’exception de Saif Abu Keshek et Thiago Avila ».
Le ministère a indiqué que Keshek était « suspecté d’appartenance à une organisation terroriste » et que lui et Avila, suspectés d' »activités illégales », seraient emmenés en Israël pour interrogatoire.
Plusieurs gouvernements européens dont des ressortissants figuraient parmi les détenus ont appelé Israël à libérer les activistes, qualifiant son action de violation du droit international.
Les États-Unis ont soutenu Israël, qualifiant la flottille de « coup de com » et demandant à leurs alliés de refuser l’accès aux ports, l’amarrage, le départ et le ravitaillement en carburant aux navires participant à la flottille.
Un porte-parole du département d’État a déclaré que Washington envisageait des « conséquences » pour ceux qui soutiennent la flottille.
L’offensive israélienne à Gaza, lancée après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, a provoqué des pénuries de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant.
À l’été et à l’automne 2025, la première traversée de la flottille mondiale Sumud en Méditerranée vers Gaza avait attiré l’attention du monde entier.
Les bateaux de cette flottille avaient été interceptés par Israël au large des côtes égyptiennes et de la bande de Gaza début octobre.
Les membres d’équipage, dont l’activiste suédoise Greta Thunberg, avaient été détenus puis expulsés par Israël.
© Agence France-Presse




