La Turquie rejoint la condamnation régionale des mesures « illégales » d’Israël en Cisjordanie
La Turquie s’est jointe à sept autres pays à majorité musulmane pour condamner les nouvelles mesures israéliennes visant à renforcer le contrôle sur la Cisjordanie occupée, avertissant qu’elles constituent une tentative d’imposer une souveraineté illégale et d’accélérer une annexion de facto.
Dans une déclaration commune publiée lundi, les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, de l’Indonésie, du Pakistan, de l’Égypte et de la Turquie ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de « décisions et mesures illégales israéliennes » destinées à consolider l’expansion des colonies et à modifier le statut juridique et administratif du territoire.
Cette déclaration fait suite à l’approbation par Israël dimanche d’une série de mesures annoncées par le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich et le ministre de la Défense Israel Katz.
Ces mesures incluent l’autorisation pour les Israéliens juifs d’acheter des terres en Cisjordanie et le transfert de l’autorité sur les permis de construire dans certaines parties des villes palestiniennes, dont Hébron, des municipalités palestiniennes au contrôle israélien.
Les huit pays ont déclaré que ces mesures visaient à « imposer une souveraineté israélienne illégale » sur le territoire occupé et ont averti qu’elles accéléreraient les efforts d’annexion et le déplacement des Palestiniens.
La Turquie, qui a vivement critiqué les politiques israéliennes dans les territoires palestiniens et rétrogradé ses relations diplomatiques depuis la guerre de Gaza, a qualifié à plusieurs reprises l’expansion des colonies de violation du droit international et d’obstacle majeur à une solution à deux États.
Smotrich a ouvertement présenté ces dernières mesures comme idéologiques, affirmant qu’elles visaient à « approfondir nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël et à enterrer l’idée d’un État palestinien ».
La présidence palestinienne à Ramallah a également condamné cette décision, affirmant qu’elle visait à « approfondir les tentatives d’annexion de la Cisjordanie occupée ». L’Autorité palestinienne exerce un autogouvernement limité sur des zones fragmentées du territoire conformément aux accords d’Oslo.
Cette annonce intervient quelques jours avant la visite aux États-Unis du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour des entretiens avec le président Donald Trump. Washington s’oppose officiellement à l’annexion israélienne de la Cisjordanie, bien que les critiques estiment que la pression américaine a peu fait pour freiner la croissance des colonies.
Plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies et des avant-postes en Cisjordanie, considérés comme illégaux au regard du droit international. Environ 3 millions de Palestiniens vivent sur ce territoire, tandis que 200 000 Israéliens supplémentaires résident dans Jérusalem-Est annexée par Israël, que les Nations unies reconnaissent comme faisant partie des territoires palestiniens occupés.
© Agence France-Presse




