La Turquie qualifie d’« illégales » les explorations gazières Grèce-Chevron en Méditerranée orientale
La Turquie a contesté un accord d’exploration gazière entre la Grèce et le géant énergétique américain Chevron en Méditerranée orientale, qualifiant ces activités d’illégales et de violation du droit international et des bonnes relations de voisinage, a rapporté l’agence de presse Anka.
Chevron a signé le 16 février des accords exclusifs pour explorer les réserves d’hydrocarbures dans les zones offshore au sud de la Crète et du Péloponnèse, renforçant ainsi la présence de la compagnie américaine dans la région.
Lors d’un point presse hebdomadaire à Ankara jeudi, le contre-amiral Zeki Aktürk, conseiller en communication et porte-parole du ministère de la Défense, a déclaré que les activités grecques « n’affectent pas directement notre plateau continental, mais constituent une violation du droit international et des bonnes relations de voisinage ».
Aktürk a souligné que ces explorations contredisent un mémorandum de délimitation maritime signé en 2019 entre la Turquie et la Libye.
L’accord de 2019 entre la Turquie et le gouvernement libyen reconnu par l’ONU (GNA) a établi une frontière maritime en Méditerranée orientale entre les deux pays.
La Grèce, Chypre et l’Union européenne ont rejeté cet accord, arguant qu’il ignore les droits maritimes des îles grecques, tandis qu’Ankara affirme qu’il protège ses intérêts légitimes dans la région.
Aktürk a ajouté que si ces activités n’affectent pas directement le plateau continental turc, elles violent les frontières maritimes déclarées par la Libye aux Nations unies en mai dernier.
« Nous continuons d’apporter le soutien nécessaire aux autorités libyennes pour qu’elles agissent contre ces activités unilatérales et illégales de la Grèce », a déclaré le ministère.
La Grèce a rejeté les objections turques le jour même.
Le porte-parole du gouvernement Pavlos Marinakis a affirmé qu’Athènes mène une « politique active » pour exercer ses droits souverains et que les permis d’exploration ont été accordés dans des zones sous juridiction grecque conformément au droit international.
Ce différend survient deux semaines après la signature le 5 février d’un mémorandum d’entente entre la Turquie et Chevron pour étudier une coopération potentielle dans l’exploration et la production pétrolière et gazière.
Selon ce protocole, la société pétrolière publique turque TPAO et Chevron ont convenu d’évaluer d’éventuels projets conjoints. L’accord n’autorise pas de forage ou de production mais établit un cadre pour des discussions techniques et commerciales.
Les frontières maritimes en Méditerranée orientale font l’objet de contentieux de longue date entre la Turquie et la Grèce, leurs revendications concurrentes compliquant le développement énergétique offshore.
Fondée en 1879 et basée à San Ramon en Californie, Chevron est l’une des plus grandes compagnies intégrées de pétrole et de gaz au monde et le deuxième producteur pétrolier des États-Unis.
La société opère en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Afrique et en Méditerranée orientale, et détient une participation majeure dans le champ gazier offshore de Léviathan en Israël.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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