La Turquie ouvre une enquête pour meurtre impliquant le dirigeant des Süleymanlılar alors que dix autres personnes sont écrouées
Les points importants
- Meurtre suspect : L’enquête sur la mort du chef Süleymanlılar Arif Ahmet Denizolgun en 2016 a été rouverte, un rapport d’expert n’excluant pas un homicide intentionnel.
- Répression judiciaire : Dix nouvelles personnes, dont le frère du successeur Alihan Kuriş, ont été placées en détention provisoire dans une affaire financière distincte, portant le total à au moins 42.
- Pression politique : L’enquête fait suite aux demandes répétées de l’AKP et des médias pro-Erdoğan contre une communauté dont la direction n’a pas soutenu le parti au pouvoir.
Les procureurs turcs ont ouvert une enquête pour meurtre concernant le décès en 2016 du chef d’un groupe religieux, désignant son successeur Alihan Kuriş parmi les personnes visées par l’enquête.
La communauté est communément appelée les Süleymancılar, tandis que ses membres se désignent comme les Süleymanlılar.
L’enquête concerne Arif Ahmet Denizolgun, ancien ministre des Transports qui dirigeait le groupe jusqu’à sa mort.
Un expert médico-légal a classé le décès comme suspect après avoir réexaminé les anciens rapports d’autopsie.
L’expert a indiqué que quatre ecchymoses semblaient être survenues avant la mort.
Le rapport évoquait une pression sur la poitrine et un oreiller recouvrant la bouche et le nez comme une explication possible, sans toutefois conclure que cela s’était produit.
Il a seulement conclu qu’un homicide intentionnel ne pouvait être exclu.
Le rapport a également indiqué que la conclusion de 2016, selon laquelle Denizolgun était mort naturellement d’une hémorragie cérébrale, manquait de preuves médicales suffisantes, tandis que le rôle de plusieurs métaux lourds détectés n’avait pas pu être évalué car leurs niveaux n’avaient pas été enregistrés.
Des examens supplémentaires seront effectués sur des échantillons conservés depuis 2016 et sur des prélèvements effectués après l’exhumation de la dépouille de Denizolgun ce mois-ci.
Les procureurs enquêtent également sur les médecins ayant signé le premier rapport et sur un responsable du Conseil de médecine légale (ATK) pour suspicion de falsification de documents officiels, après que l’agence a d’abord nié l’existence d’une vidéo d’autopsie avant de la produire ultérieurement.
Kuriş n’a pas répondu à l’enquête pour meurtre, mais il a nié les accusations de délits financiers, les qualifiant de tentative de ruiner sa réputation.
Un tribunal turc a par ailleurs écroué dix personnes en détention provisoire dans le cadre de l’affaire financière distincte, dont le frère de Kuriş, portant à au moins 42 le nombre connu de personnes incarcérées dans cette affaire.
La police a également affirmé avoir saisi 37 dossiers de documents financiers dans une maison à Antalya, ainsi que des chèques d’une valeur de 27,8 millions de lires (578 000 dollars), 3 millions de lires (63 000 dollars) en espèces, des devises étrangères, de l’or, des appareils numériques et des munitions lors des dernières perquisitions.
Les procureurs ont émis des mandats contre 54 personnes dans le cadre de cette opération, arrêtant 38 d’entre elles tandis que 13 étaient en fuite, deux à l’étranger et une déjà incarcérée.
Les enquêtes font suite aux déclarations de Fatih Süleyman Denizolgun, ancien député du Parti de la justice et du développement (AKP) et neveu de l’ancien dirigeant, ainsi qu’à des années d’appels de politiciens et de médias proches du président Recep Tayyip Erdoğan en faveur d’une action contre une communauté dont la direction n’a pas soutenu le parti au pouvoir.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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