La Turquie lève unilatéralement l’obligation de visa pour les touristes australiens
La Turquie permettra aux citoyens australiens d’entrer dans le pays sans visa à partir de vendredi en vertu d’une décision unilatérale visant à stimuler le tourisme, quelques jours avant les commémorations du jour de l’Anzac le 25 avril à Gallipoli.
Selon un décret publié vendredi dans le Journal officiel et signé par le président Recep Tayyip Erdoğan, les détenteurs de passeports australiens ordinaires pourront se rendre en Turquie sans visa pour le tourisme et le transit pour une durée maximale de 90 jours sur toute période de 180 jours.
Cette décision n’est pas réciproque. Les visas continueront d’être requis pour les citoyens turcs souhaitant se rendre en Australie.
Les détenteurs de passeports turcs ne sont pas éligibles à l’Autorité de voyage électronique (ETA) de l’Australie, un permis simplifié en ligne disponible pour les citoyens de plusieurs pays, dont les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et la plupart des membres de l’Union européenne.
Les citoyens turcs souhaitant visiter l’Australie doivent demander un visa de visiteur, sous-classe 600, qui comporte généralement des frais de base d’environ 200 AUD et est généralement traité en 20 à 33 jours pour les demandes touristiques, selon le ministère australien de l’Intérieur.
Le décret a été publié une semaine avant le jour de l’Anzac, lorsque des milliers d’Australiens et de Néo-Zélandais se rendent chaque année en Turquie pour assister à la cérémonie de l’aube sur le site commémoratif de l’Anzac dans la péninsule de Gallipoli.
Cette cérémonie marque le 111e anniversaire du débarquement en 1915 du Corps d’armée australien et néo-zélandais pendant la Première Guerre mondiale, une campagne qui revêt une importance profonde en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Turquie.
L’Australie est devenue un marché touristique de plus en plus important pour la Turquie, le nombre de visiteurs ayant presque doublé depuis avant la pandémie de coronavirus.
Les données du ministère turc de la Culture et du Tourisme montrent que 205 874 touristes australiens ont visité la Turquie en 2024, contre 192 770 en 2023 et environ 120 000 en 2019.
Ce nombre a encore augmenté pour atteindre environ 219 000 en 2025, soit une augmentation de 6,71 % par rapport à l’année précédente.
Beaucoup moins de citoyens turcs voyagent dans la direction inverse chaque année, selon les données officielles du tourisme.
La Turquie et l’Australie ont établi des relations diplomatiques en 1967, l’ambassade de Turquie à Canberra ayant ouvert la même année et l’ambassade d’Australie à Ankara en 1968.
Cette relation s’appuie largement sur l’héritage de la campagne de Gallipoli et sur une communauté turque en Australie comptant plus de 150 000 personnes.
Turkish Airlines a lancé des vols directs d’İstanbul vers Melbourne et Sydney en 2024.
Le commerce bilatéral entre les deux pays s’élevait à environ 2,2 milliards de dollars en 2024, les exportations turques vers l’Australie étant évaluées à environ 1,09 milliard de dollars et les importations à 1,14 milliard de dollars, selon les chiffres du ministère des Affaires étrangères basés sur les données de l’Institut turc de la statistique (TurkStat).
La Turquie a introduit une exemption de visa unilatérale similaire pour les citoyens chinois en décembre.
Erdoğan a signé un décret supprimant l’obligation de visa pour les ressortissants chinois, cette décision entrant en vigueur le 2 janvier.
La décision de la Turquie de lever unilatéralement l’obligation de visa pour les citoyens chinois a suscité des critiques sur les réseaux sociaux, des commentateurs et des militants remettant en question l’absence de réciprocité et soulevant des préoccupations en matière de sécurité.
Le journaliste turc Mehmet Ali Önel a décrit cette mesure comme une concession unilatérale aux avantages économiques limités, affirmant que les touristes chinois ont tendance à dépenser moins que les visiteurs d’autres pays et avertissant que cette politique pourrait nuire au secteur touristique turc.
Önel a également déclaré que cette décision comportait des risques potentiels pour la sécurité nationale.




