La Turquie et la Syrie cherchent à éviter un conflit avec Israël, selon un rapport
Les points importants
- Escalade évitée : La Turquie et la Syrie tentent d’empêcher un conflit majeur avec Israël après la frappe israélienne sur une base aérienne proche de la frontière turque.
- Craintes syriennes : Damas estime que Netanyahou cherche une escalade pour détourner l’attention de ses problèmes intérieurs et explore un nouvel accord de sécurité avec l’aide des États-Unis et de la France.
- Médiation américaine : L’envoyé spécial américain qualifie la frappe d’« escalade inutile » et œuvre pour un canal de désescalade entre la Turquie, Israël et la Syrie.
La Turquie et la Syrie tentent d’empêcher que leur différend avec Israël ne se transforme en un conflit plus large après qu’Israël a frappé une base aérienne syrienne près de la frontière turque, a rapporté Haaretz vendredi, citant des sources syriennes et turques.
Une source syrienne proche du président et du ministère des Affaires étrangères a déclaré que Damas estime que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu cherche un affrontement que la Syrie ne peut pas mener.
La source a affirmé que Netanyahu veut également détourner l’attention des tensions intérieures.
La Syrie est en contact avec les États-Unis et la France et est prête à rechercher un nouvel accord de sécurité avec Israël, a indiqué la source.
Damas pourrait également chercher à modifier l’accord de 1974 qui a établi une zone tampon entre les forces israéliennes et syriennes après la guerre de 1973 entre Israël et les États arabes.
La Turquie est devenue l’un des principaux soutiens du président Ahmed al-Sharaa après que ses forces ont chassé Bachar al-Assad en 2024, tandis qu’Israël a depuis frappé des sites syriens et saisi des terres dans le sud-ouest.
Le gouvernement syrien craint que des liens de défense plus étroits avec la Turquie ne conduisent Israël à mener davantage de frappes, a déclaré la source de Haaretz.
Israël a touché la piste et les sites de stockage de la base aérienne d’Abou al-Douhour dans le nord-ouest de la Syrie lors de huit frappes mardi.
Aucun décès n’a été signalé.
Le bureau de Netanyahu a déclaré que la Syrie était sur le point de rompre un accord de sécurité en autorisant le déploiement de troupes turques sur la base et avait ignoré les avertissements israéliens.
Le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad al-Shaibani a ensuite déclaré que des officiers turcs avaient visité la base pour des discussions de formation, mais qu’aucune base turque ni déploiement permanent de troupes n’était prévu.
Le ministère turc de la Défense a contesté ce récit et a déclaré qu’aucune délégation militaire turque ne s’y était rendue avant ou pendant la frappe.
Une source turque a déclaré à Haaretz que la Turquie continuerait de soutenir la Syrie sur les plans diplomatique et militaire et attend de Washington qu’il freine les attaques israéliennes. Ankara ne considère pas l’escalade comme une occasion de marquer des points politiques ou médiatiques contre Israël, a indiqué la source.
L’ambassadeur américain en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie et l’Irak, Tom Barrack, a qualifié le raid d’« escalade inutile » et a déclaré que la Turquie n’avait reçu aucun avertissement.
Il a déclaré que l’absence de préavis aurait pu conduire la Turquie à préparer une réponse militaire, mais que des « têtes froides » ont empêché la crise de s’aggraver.
Washington s’efforce désormais de mettre en place un canal entre la Turquie, Israël et la Syrie pour éviter des affrontements involontaires, a déclaré Barrack à Reuters.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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