La Turquie estime que le cessez-le-feu en Syrie doit se poursuivre pendant le transfert des détenus de l’EI vers l’Irak
Le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré que le cessez-le-feu entre les forces gouvernementales syriennes et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes devrait rester en place pendant le transfert des détenus du groupe État islamique vers l’Irak, affirmant que le calme réduirait les risques de nouvelle instabilité dans le nord-est du pays.
Le ministre Hakan Fidan a tenu ces propos lors d’une interview télévisée sur NTV ce vendredi, soulignant que la trêve était nécessaire pour éviter un vide sécuritaire pendant le processus de transfert.
Fidan a indiqué que les prisonniers de l’EI devraient être transférés de la Syrie vers l’Irak et que des combats simultanés pourraient créer des risques pour le nord et l’est de la Syrie, ajoutant que le cessez-le-feu actuel pourrait devoir être prolongé.
Les FDS, une force kurdo-arabe soutenue par la coalition internationale contre l’EI, contrôlent un réseau de centres de détention et de camps dans le nord-est syrien où sont détenus des milliers de combattants présumés de l’EI et leurs proches.
Ces déclarations interviennent alors que les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle de la prison d’al-Aqtan dans la province de Raqqa, l’un des sites abritant des détenus de l’EI, après le retrait des forces kurdes dans le cadre d’un accord de transfert lié à un arrangement plus large.
Al-Aqtan détient environ 2 000 prisonniers. Ce transfert pénitentiaire s’inscrit dans une série de relocalisations incluant également un centre à Shaddadeh, où environ 120 détenus s’étaient brièvement échappés lors d’une transition précédente.
L’Irak s’est accordé avec les États-Unis sur le transfert des détenus de l’EI, tandis que Damas soutient également ce plan.
La Turquie considère les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe interdit qui mène une insurrection contre l’État turc depuis des décennies. Ankara a mené des opérations transfrontalières répétées dans le nord de la Syrie et de l’Irak, affirmant cibler les militants et affiliés du PKK.
Le cessez-le-feu et les transferts de centres de détention se déroulent alors que les nouvelles autorités syriennes cherchent à consolider leur contrôle dans des zones sous administration kurde depuis des années, et que les gouvernements régionaux évaluent comment gérer les détenus de l’EI sans provoquer de troubles ou d’évasions.




