La Turquie dément les affirmations selon lesquelles Erdoğan aurait menacé d’envahir Israël
Le Centre de lutte contre la désinformation (DMM) de Turquie a démenti dimanche les affirmations circulant dans les médias internationaux et sur les réseaux sociaux selon lesquelles le président Recep Tayyip Erdoğan aurait menacé d’envahir Israël, qualifiant ces rapports de « totalement infondés ».
Dans une déclaration publiée sur son compte X, le DMM a déclaré que les allégations attribuées à Erdoğan suggérant que la Turquie avait menacé d’une action militaire contre Israël « ne reflètent pas la réalité » et visaient à saper la stabilité régionale.
Claims circulating in certain media outlets and on social media, attributing to President Recep Tayyip Erdoğan the statement that “Türkiye has threatened to invade Israel”, are entirely unfounded.
The assertions in these posts do not reflect the facts and constitute narratives… pic.twitter.com/iy01fh3m0e
— Dezenformasyonla Mücadele Merkezi (@dmmiletisim) April 12, 2026
Ce démenti fait suite à un article du Telegraph affirmant qu’Erdoğan aurait suggéré que la Turquie pourrait intervenir militairement contre Israël en raison de ses actions au Liban. Le rapport citait des propos dans lesquels Erdoğan aurait déclaré qu’il n’y avait « aucune raison » de ne pas agir et évoquait l’implication passée de la Turquie en Libye et au Haut-Karabakh.
Une vidéo de ces propos a largement circulé sur les réseaux sociaux. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’images datant du 28 juillet 2024, lorsque Erdoğan s’exprimait lors d’un événement de son parti dans sa ville natale de la province de Rize, sur la mer Noire.
« La Turquie a toujours joué un rôle prépondérant… en plaidant pour la fin des effusions de sang, la protection des civils et l’établissement d’une paix durable », a déclaré le DMM, ajoutant que sous la direction d’Erdoğan, le pays reste engagé en faveur de la paix, de la sécurité et de la prospérité régionales.
Le DMM a rejeté le récit plus large entourant ces allégations comme un « contenu manipulateur » et a exhorté le public à ne pas accorder de crédit à ce qu’il a décrit comme des distorsions des politiques turques et de sa position humanitaire.
Dans une déclaration séparée, le DMM a également démenti les affirmations selon lesquelles Erdoğan aurait déclaré que la Turquie considérerait toute attaque contre l’Iran ou le Liban comme une attaque contre la Turquie, qualifiant à nouveau ces assertions d’infondées.
Le centre a déclaré que de telles allégations visaient à entraîner la Turquie dans des conflits régionaux et à créer de fausses perceptions sur la scène internationale.
La dernière guerre au Moyen-Orient a commencé le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes à grande échelle ciblant des sites militaires et gouvernementaux iraniens, incitant l’Iran à riposter par des attaques de missiles et de drones contre Israël ainsi que contre des actifs américains dans tout le Moyen-Orient.
Depuis le début de la guerre, la Turquie a cherché à rester à l’écart du conflit, appelant toutes les parties à cesser les hostilités.
Un cessez-le-feu a été annoncé le 7 avril après des semaines de combats, bien que l’incertitude demeure quant à sa durée.
Cette controverse survient alors que les tensions entre les responsables turcs et israéliens se sont intensifiées ce week-end.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a critiqué Erdoğan pour des commentaires liés à un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, l’accusant de soutenir des acteurs hostiles et de tenir des déclarations incendiaires.
Peu après que les États-Unis et l’Iran ont convenu d’un cessez-le-feu la semaine dernière, Erdoğan a mis en garde le président américain Donald Trump contre de « possibles provocations et sabotages » qui pourraient compromettre l’accord, sans préciser qui pourrait menacer l’accord.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a également pris pour cible Erdoğan, le qualifiant de « tigre de papier » et l’accusant d’hypocrisie.
Le ministère turc des Affaires étrangères a répondu en condamnant les propos de Netanyahu et en défendant Erdoğan, accusant le dirigeant israélien de tenter de saper les efforts de paix tout en faisant face à un examen juridique international pour les actions d’Israël à Gaza.
La Turquie, bien que critique féroce d’Israël, s’est jointe aux efforts diplomatiques avec l’Égypte et le Pakistan pour parvenir à un cessez-le-feu dans le conflit.
Cet échange marque le dernier d’une série d’échanges verbaux acerbes entre Ankara et Tel Aviv alors que les tensions régionales restent vives.
Erdoğan a été un critique virulent de la guerre d’Israël à Gaza, qui a commencé après une attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, mais il a été fréquemment critiqué pour ne pas avoir assorti sa rhétorique d’actions, son gouvernement étant accusé de poursuivre les échanges commerciaux avec Israël pendant la guerre, qui a fait plus de 75 000 morts à Gaza.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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