La Turquie demande le gel des avoirs d’une ex-ministre et de son mari dans une enquête sur les fonds
Les points importants
- Gel des avoirs : La justice turque a ordonné le gel des biens de l’ancienne ministre de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya et de son mari.Soupçons de délit d’initié : Le couple est accusé d’avoir réalisé d’importants profits boursiers juste avant l’effondrement des marchés.Enquête élargie : C’est la première fois qu’une ancienne figure gouvernementale de premier plan est directement visée dans le scandale des fonds.
Les procureurs turcs ont engagé une procédure de gel de tous les avoirs de l’ancienne ministre de la Famille et responsable du parti au pouvoir Fatma Betül Sayan Kaya et de son mari, dans le cadre d’allégations selon lesquelles ils auraient profité de la crise des fonds d’investissement en Turquie.
Le parquet général d’Istanbul a indiqué mardi soir avoir adressé aux institutions concernées des notifications relatives au gel de tous les avoirs de Kaya et de son mari, İlyas Kaya.
La Turquie est aux prises avec une crise des fonds d’investissement qui a éclaté à la mi-septembre, après que plusieurs fonds ont été incapables de répondre aux demandes de rachat des investisseurs, provoquant une forte dégringolade à la Bourse d’Istanbul.
Kaya, ancienne ministre de la Famille qui occupait le poste de vice-présidente du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan, a démissionné de ses fonctions au sein du parti ce week-end après avoir été accusée, avec son mari, d’avoir réalisé d’importants profits sur des actions vendues peu avant la tourmente boursière.
Kaya, qui a été ministre de la Famille de 2016 à 2018, n’a démenti aucune allégation précise, mais a déclaré qu’elle se retirait pour garantir que toute enquête sur ces accusations puisse être menée « de manière indépendante et impartiale ».
Le porte-parole du Nouveau Parti, Zeynel Emre, a affirmé que Kaya avait investi environ 63,4 millions de lires dans des actions du chantier naval Özata Denizcilik en avril, avant de les revendre pour environ 1,34 milliard de lires. Il a également affirmé que son mari avait réalisé des centaines de millions de lires de profits grâce à des transactions similaires.
Ces allégations n’ont pas été prouvées devant les tribunaux, et ni Kaya ni son mari n’ont été inculpés dans le cadre de ces transactions.
Emre a affirmé que le calendrier des opérations prouvait que Kaya avait bénéficié d’informations privilégiées et a annoncé que son parti révélerait d’autres noms liés à la crise des fonds.
Mardi, Erdoğan a présidé une réunion de trois heures avec des responsables économiques et de hauts représentants des institutions concernées pour discuter des récents développements sur les marchés financiers. La présidence a indiqué que la réunion avait porté sur les mesures déjà prises et les prochaines étapes envisagées, la protection des investisseurs et la garantie de paiements équitables et rapides figurant parmi les priorités.
Plus tôt dans la journée de mardi, Erdoğan a défendu le bilan de son parti et rejeté les critiques de l’opposition concernant le scandale des fonds.
« Le Parti AK est un parti propre, comme son nom l’indique ; c’est un parti fidèle à son nom. Personne ne peut ternir la pureté de ce parti ou salir cette propreté », a-t-il déclaré aux responsables du parti.
« Sans même regarder leurs propres bilans désastreux, ils essaient de nous donner des leçons de morale et d’éthique politique. “Dégagez”, que je leur dis », a lancé Erdoğan.
La crise a éclaté à la mi-septembre lorsque plusieurs fonds d’investissement ont annoncé qu’ils ne pouvaient pas répondre aux demandes de rachat des investisseurs, entraînant une forte chute de l’indice boursier de référence turc.
Les régulateurs ont ensuite ordonné la liquidation de 131 fonds gérés par sept sociétés. Ces fonds comptaient 455 758 investisseurs et détenaient des actifs évalués à environ 18 milliards de dollars avant leur fermeture.
Le Conseil des marchés de capitaux (SPK) a indiqué que les banques chargées de liquider les fonds disposent d’un délai maximal de six mois pour vendre leurs actifs et rembourser les investisseurs.
Les procureurs ont également ouvert des enquêtes pénales pour suspicion de manipulation de marché et d’autres irrégularités, entraînant des arrestations, des gels d’avoirs et des restrictions à l’encontre d’entreprises et de particuliers.
Cette dernière mesure visant Kaya et son mari constitue l’étape la plus directe franchie à ce jour dans l’enquête en cours contre une ancienne haute responsable gouvernementale et membre de la direction du parti au pouvoir.
Agence France-Presse, avec la contribution de Turkish Minute
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




