La Russie rejette la proposition turque de cessez-le-feu en Ukraine, selon un rapport
Les points importants
- Rejet catégorique : Moscou a poliment refusé la proposition de cessez-le-feu d’Ankara, malgré les efforts du ministre Fidan.
- Médiation turque : La Turquie maintient des liens avec les deux belligérants et propose d’accueillir des pourparlers, mais sans succès pour l’instant.
- Exigences russes : Moscou conditionne tout accord à la reconnaissance par Kyiv de l’annexion des frontières provinciales du Donbass, une ligne rouge pour l’Ukraine.
La Russie a rejeté ce mois-ci une proposition turque de cessez-le-feu et de reprise des négociations avec l’Ukraine, a rapporté Middle East Eye cité, se référant à des sources russes et ukrainiennes proches du dossier.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a soumis cette proposition lors d’une visite à Moscou les 16 et 17 juin, où il a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov, le président Vladimir Poutine et d’autres hauts responsables russes.
« Fidan a dit à ses homologues qu’il fallait au moins une idée générale sur la manière de revenir à la table des négociations, et une fenêtre pour un cessez-le-feu », a déclaré une source russe à MEE.
La source a indiqué que Moscou avait « poliment refusé de discuter de cette idée ».
La Turquie s’efforce de maintenir des liens avec Moscou et Kyiv depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, et a proposé à plusieurs reprises d’accueillir des pourparlers entre les deux parties.
Avant la visite de Fidan à Moscou, une source diplomatique turque avait déclaré à Reuters qu’Ankara renouvellerait son offre d’accueillir des négociations et discuterait également de la sécurité de la navigation en mer Noire et des développements régionaux.
Fidan devait mettre en garde contre une nouvelle escalade en mer Noire et répéter la proposition turque d’un cessez-le-feu limité couvrant les ports et les infrastructures énergétiques, avait alors indiqué la source.
Selon MEE, Ankara espérait que si la dernière initiative de Fidan aboutissait, elle pourrait amener des responsables russes et ukrainiens en Turquie lors du sommet de l’OTAN qu’Ankara accueillera les 7 et 8 juillet. Pour l’instant, cela semble peu probable.
Moscou insiste pour que tout accord durable inclue la reconnaissance par Kyiv de l’annexion par la Russie des frontières provinciales du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, une exigence que l’Ukraine rejette.
La Russie contrôle actuellement plus de 80 % de la région de Donetsk, le centre économique du Donbass, alors qu’elle poursuit sa campagne militaire autour de villes clés, notamment Kostyantynivka et Lyman, a rapporté MEE.
Les responsables ukrainiens ont contesté les rapports faisant état d’un contrôle russe croissant le long du front, mais le New York Times a rapporté que les troupes russes s’étaient frayé un chemin jusqu’à Kostyantynivka, une ville de la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine.
L’Ukraine a résisté aux pressions de l’administration Trump pour abandonner le Donbass, insistant sur le fait qu’elle continuera à se battre pour la région.
Kyiv a déjà accueilli favorablement les offres de la Turquie d’accueillir des pourparlers.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a proposé à plusieurs reprises que la Turquie accueille une réunion au niveau des dirigeants, et un responsable ukrainien a déclaré à Reuters plus tôt ce mois-ci que Kyiv accueillerait favorablement une médiation turque.




