La Russie exige des concessions énergétiques de la Turquie pour autoriser la revente des S-400 : rapport
Les points importants
- Chantage énergétique : Moscou exige un accord gazier à long terme sur le gazoduc Blue Stream et des conditions favorables pour le transfert d’actions de la centrale nucléaire d’Akkuyu.
- Impasse diplomatique : La revente des S-400, conditionnée par la Russie, bloque le retour de la Turquie dans le programme F-35 et la levée des sanctions américaines.
- Manque de transparence : Malgré des rumeurs de vente au Qatar ou aux Émirats arabes unis, aucune annonce officielle n’a été faite, et les discussions restent secrètes.
La Russie exige des concessions énergétiques de la Turquie avant d’approuver la revente des systèmes de défense aérienne S-400 d’Ankara, a rapporté jeudi le quotidien Cumhuriyet, citant une source proche des négociations.
La Turquie souhaiterait vendre les systèmes russes à un État du Golfe pour faciliter son retour dans le programme d’avions de combat F-35 Joint Strike Fighter mené par les États-Unis, mais aucun progrès clair n’a été observé depuis que les discussions ont été rendues publiques en juillet.
Moscou veut un accord gazier à plus long terme couvrant le gazoduc Blue Stream et cherche le consentement d’Ankara pour des transferts d’actions à la centrale nucléaire d’Akkuyu selon des conditions fixées par la Russie, a indiqué la source.
Blue Stream transporte le gaz russe vers la Turquie sous la mer Noire, et Ankara a prolongé d’un an son contrat d’achat de gaz avec Moscou en décembre, tandis que les discussions sur un accord à plus long terme se poursuivaient.
L’entreprise publique russe Rosatom construit et finance la centrale d’Akkuyu, dotée de quatre réacteurs et première centrale nucléaire de Turquie, dans le cadre d’un accord de 20 milliards de dollars signé en 2010.
La Russie a fourni 9 milliards de dollars supplémentaires pour ce projet retardé l’année dernière, selon le ministre turc de l’Énergie.
Cumhuriyet a indiqué que l’ambassade de Russie à Ankara n’a pas répondu aux questions concernant la position actuelle de Moscou sur une revente des S-400.
Un chroniqueur pro-gouvernemental a affirmé le 10 juillet que la Turquie avait vendu les systèmes au Qatar ou aux Émirats arabes unis et qu’une annonce était imminente, mais aucune vente n’a été annoncée.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié l’affaire d’« extrêmement sensible » ce jour-là et a confirmé que Moscou était en contact avec Ankara.
Le ministre de la Défense, Yaşar Güler, a déclaré dans une réponse à un député le 13 août que les discussions étaient toujours à l’étude et que le gouvernement divulguerait toute mesure concrète.
La Turquie a reçu les S-400 en 2019 dans le cadre d’un accord de 2,5 milliards de dollars, ce qui a conduit Washington à l’exclure du programme F-35 et à imposer des sanctions en 2020.
Les États-Unis affirment que le système russe pourrait exposer des informations sensibles sur le F-35, tandis que la loi américaine interdit toute levée des sanctions tant que la Turquie conserve les S-400.




