La reconnaissance du Somaliland par Israël ne profite à personne, selon le président turc
La reconnaissance du Somaliland sécessionniste comme État indépendant et souverain par Israël ne profite ni à la Somalie ni à la région élargie de la Corne de l’Afrique, a déclaré mardi le président turc Recep Tayyip Erdoğan, selon l’agence de presse étatique Anadolu.
Israël a annoncé fin décembre avoir reconnu le Somaliland, devenant ainsi le premier pays à le faire. Le Somaliland a déclaré son indépendance vis-à-vis de la Somalie en 1991 mais n’a pas été reconnu par les Nations Unies.
« Je tiens à réitérer que la reconnaissance du Somaliland par Israël ne profiterait ni au Somaliland ni à la Corne de l’Afrique », a déclaré Erdoğan lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à Addis-Abeba.
La décision israélienne a suscité des condamnations de plusieurs acteurs régionaux. La Turquie a qualifié cette décision d’illégale, affirmant qu’elle visait à créer de l’instabilité et constituait une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Somalie.
Erdoğan a déclaré que les pays de la région devraient développer leurs propres solutions aux problèmes régionaux et a exhorté à ce que la Corne de l’Afrique ne devienne pas « une arène de lutte pour les puissances étrangères ».
Il a ajouté que la Turquie attache une grande importance à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des États de la région et ne souhaite pas que de nouveaux conflits s’ajoutent à ce qu’il a décrit comme une géographie ayant déjà subi de graves turbulences.
Évoquant les efforts de médiation de la Turquie entre l’Éthiopie et la Somalie dans le cadre du Processus d’Ankara, Erdoğan a remercié les deux parties pour ce qu’il a qualifié de position constructive.
« Une fois la stabilité atteinte, nous ne voyons aucun obstacle à ce que la Corne de l’Afrique atteigne une position qui attire l’attention par ses opportunités économiques », a-t-il déclaré.
La Turquie a renforcé sa présence en Afrique ces dernières années, notamment en formant les forces de sécurité somaliennes et en approfondissant ses liens politiques et économiques avec des pays comme l’Éthiopie.
En réponse à la reconnaissance du Somaliland par Israël, la Somalie a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, l’accusant de soutenir cette initiative. Mogadiscio a depuis signé un pacte de défense avec le Qatar, tandis que la Turquie a envoyé des avions de combat à sa base militaire en Somalie et, selon des rapports, des véhicules blindés en signe de soutien au gouvernement somalien.
La Turquie est un partenaire privilégié de la Somalie et a élargi son rôle sécuritaire et économique au cours de la dernière décennie, notamment par le biais de formations militaires et de coopérations énergétiques.




