La cheffe de l’UE assimile la Turquie à la Russie et à la Chine comme une influence à contrer, suscitant des critiques
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a suscité des critiques mardi en assimilant la Turquie à la Russie et à la Chine comme des sources d’influence que l’Union européenne doit contrer.
S’exprimant lors de l’événement marquant les 80 ans de l’hebdomadaire allemand Die Zeit à Hambourg, von der Leyen a déclaré que l’Europe devait « compléter le continent européen » pour qu’il ne soit pas façonné par les influences russe, turque ou chinoise, selon le compte-rendu de l’événement publié par le média.
Von der Leyen: « We must succeed in completing the European continent so that it is not shaped by Russian, Turkish, or Chinese influence ».
I believe this is the first time ever that an EC President has placed Ankara in the same category as Moscow and Beijing
(note the order btw) pic.twitter.com/vgKlklvM6U
— Oğuz Arıkboğa (@OguzArikboga) April 20, 2026
Les critiques ont souligné que la Turquie est candidate à l’adhésion à l’Union européenne, membre de l’OTAN et un pays que de nombreux responsables européens décrivent comme crucial pour la sécurité régionale, les migrations et le transit énergétique.
Von der Leyen reportedly placing Turkey alongside Russia and China is politically telling. It reflects how parts of Europe still struggle to think of Ankara as a strategic partner, even while Europe’s security, energy, and industrial future increasingly requires dealing with… https://t.co/OCKop3qLoy
— Riccardo Gasco (@RiccardoGasco) April 21, 2026
Riccardo Gasco, chercheur en politique étrangère spécialisé sur la Turquie et l’Europe, a déclaré dans un post sur X que le commentaire rapporté était « politiquement révélateur » et montrait que certaines parties de l’Europe peinent encore à considérer Ankara comme un partenaire stratégique, alors même que l’avenir sécuritaire, énergétique et industriel de l’Europe exige de plus en plus de coopérer avec la Turquie.
Turkiye is literally part of Europe, & member of NATO. What on earth has it got to do with China? @vonderleyen Seems to have lost the plot. https://t.co/NMSGyjRY74
— Meral Hussein-Ece (@meralhece) April 21, 2026
Meral Hussein-Ece, membre libérale-démocrate britannique de la Chambre des Lords, s’est interrogée sur la raison pour laquelle von der Leyen avait mentionné la Turquie dans le même contexte que la Chine, déclarant : « La Turquie fait littéralement partie de l’Europe et est membre de l’OTAN. Quel rapport cela a-t-il avec la Chine ? »
Grouping Turkey with #Russia and #China crosses a discursive threshold the Commission had carefully preserved. Even as accession has been effectively frozen, previous #EU language kept Turkey in the “candidate” and mostly “indispensable partner” register, a backsliding state to… https://t.co/QBuwC8WGb5
— Seren Selvin Korkmaz (@selvinkorkmaz) April 21, 2026
Seren Selvin Korkmaz, politologue et commentatrice, a déclaré que la formulation de von der Leyen marquait un changement dans le langage de la Commission européenne concernant la Turquie. Elle a souligné que Bruxelles avait longtemps traité la Turquie comme un pays candidat et un partenaire indispensable, bien que problématique, mais que cette nouvelle présentation suggérait qu’elle était désormais considérée comme extérieure à l’Europe sur les plans politique et géographique, malgré son rôle dans l’OTAN, son contrôle des détroits turcs et sa place dans la sécurité énergétique européenne.
L’économiste Timothy Ash, spécialiste de la Turquie, de l’Europe émergente et du Moyen-Orient, a qualifié cette remarque de « complète ignorance » et a affirmé que l’Europe ne pouvait se défendre sans la Turquie. Dans un autre post, il a déclaré que von der Leyen semblait ne pas comprendre que toute future architecture de sécurité européenne sans les États-Unis dépendrait en partie de pays comme l’Ukraine, la Turquie, la Finlande et la Pologne.
This is the crux of why Turkey could have never been a EU member state, even if its domestic democratic and human rights credentials were much more promising.. She should also have the same robust public voice and state that EU is canceling accession bid by Turkey. https://t.co/mExTBAxqfY
— Ziya Meral (@Ziya_Meral) April 21, 2026
Ziya Meral, analyste en politique étrangère et de sécurité, a estimé que ce commentaire reflétait un problème plus profond dans l’approche européenne de la Turquie, montrant pourquoi ce pays n’avait jamais été traité comme un futur membre légitime de l’UE, même durant les périodes où sa démocratie et son bilan en matière de droits humains semblaient plus prometteurs. Il a appelé Bruxelles à clarifier si elle avait effectivement mis fin au processus d’adhésion de la Turquie.
La Turquie est officiellement candidate à l’adhésion à l’UE depuis 1999, mais son processus d’adhésion est au point mort depuis des années en raison des inquiétudes concernant le recul démocratique, les droits humains et l’état de droit sous la présidence de Recep Tayyip Erdoğan.
Dans le même temps, Bruxelles continue de considérer la Turquie comme un partenaire clé pour les migrations, le commerce, le transit énergétique et la sécurité régionale. En tant que membre de l’OTAN disposant d’une importante armée, contrôlant l’accès à la mer Noire via les détroits turcs et située à la jonction de l’Europe, du Moyen-Orient et du Caucase, la Turquie reste centrale dans les calculs géopolitiques européens, même si ses relations avec le bloc demeurent tendues.

Von der Leyen reportedly placing Turkey alongside Russia and China is politically telling. It reflects how parts of Europe still struggle to think of Ankara as a strategic partner, even while Europe’s security, energy, and industrial future increasingly requires dealing with… 


