Israël envisage d’interdire l’entrée du fils d’Erdoğan dans un contexte de spéculations sur une succession père-fils en Turquie
Le ministre israélien des Affaires de la diaspora cherche à interdire l’entrée de Bilal Erdoğan, fils du président turc Recep Tayyip Erdoğan, ainsi que de dizaines d’autres citoyens turcs, une mesure présentée par les autorités israéliennes comme une réponse à ce qu’elles qualifient d’incitation anti-israélienne.
Cette initiative intervient alors que les spéculations s’intensifient en Turquie sur l’éventuel successeur d’Erdoğan, Bilal Erdoğan étant de plus en plus visible lors d’événements publics ces derniers mois bien qu’il n’occupe aucun mandat électif.
Le ministre israélien des Affaires de la diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, Amichai Chikli, a déclaré que la Turquie devait être traitée comme un « État ennemi », employant un vocabulaire comparant cette mesure aux actions israéliennes contre les groupes terroristes.
La recommandation a été préparée par le directeur général du ministère, Avi Cohen Scali, et transmise à l’Autorité israélienne de la Population et de l’Immigration en vertu d’une disposition de la loi sur l’entrée en Israël citée dans la presse israélienne.
Les médias israéliens ont indiqué que la liste incluait Fehmi Bülent Yıldırım, chef du groupe humanitaire turc İHH, connu internationalement pour son rôle dans la flottille Mavi Marmara en 2010 qui tentait de briser le blocus israélien de Gaza.
Elle mentionne également Ali Erbaş, chef de la Direction des Affaires religieuses de Turquie.
Le ministère israélien a décrit les personnes ciblées comme des figures publiques qui « promouvent systématiquement et publiquement » les boycotts et la délégitimation d’Israël.
Diplomatie autour de Gaza
Les médias israéliens ont relié cette initiative à un processus dirigé par les États-Unis discutant de la reconstruction de Gaza et des mécanismes de gouvernance, affirmant que l’inclusion de la Turquie dans les instances concernées était un facteur derrière l’initiative de Chikli.
La question a gagné en visibilité cette semaine alors que la Turquie a rejoint le « Conseil de la Paix » du président américain Donald Trump et un « Conseil exécutif pour Gaza » associé.
Certains au sein du gouvernement israélien ont rejeté le cadre plus large soutenu par les États-Unis et se sont opposés à l’inclusion de pays comme la Turquie et le Qatar.
Les relations entre la Turquie et Israël se sont fortement détériorées depuis octobre 2023 alors qu’Erdoğan intensifiait ses critiques de la campagne militaire israélienne à Gaza. La Turquie affirme également avoir suspendu ses échanges commerciaux avec Israël en mai 2024, bien que des critiques contestent l’arrêt complet des échanges dans les faits.
Le rôle pro-Gaza de Bilal Erdoğan et le récit de l' »héritier »
Bilal Erdoğan a assumé un rôle public plus visible lié à Gaza ces dernières semaines, notamment en menant un grand rassemblement pro-palestinien à Istanbul le 1er janvier.
Les observateurs turcs soutiennent que la visibilité de Bilal Erdoğan lors de tels événements sert de message politique visant à le positionner comme un possible successeur d’Erdoğan.
Les critiques ont perçu le rassemblement du 1er janvier à Istanbul comme une opération de relations publiques liée aux spéculations sur la succession et à la communication plus large du gouvernement sur Gaza.
Le débat sur la succession est entré dans le commentaire politique dominant. The Economist a rapporté ce mois-ci des manœuvres internes au parti au pouvoir concernant l’éventuel successeur d’Erdoğan, citant des sondages plaçant le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan devant d’autres noms tandis que Bilal Erdoğan figurait parmi les prétendants discutés par les commentateurs.
L’ancien président du parlement et cofondateur du Parti de la justice et du développement (AKP), Bülent Arınç, a rejeté l’idée d’une succession père-fils tout en reconnaissant la visibilité croissante de Bilal Erdoğan.
Israël invoque des activités à Jérusalem et des visites turques antérieures
Chikli a soutenu que les interdictions d’entrée sont justifiées même si aucun des individus nommés ne prévoit actuellement de visite.
Dans des commentaires rapportés par les médias israéliens, il a évoqué des visites turques de haut niveau passées en Israël et les activités de la Turquie via l’Agence turque de coopération et de coordination (TİKA), qui opère principalement à Jérusalem-Est selon lui.
Le gouvernement israélien a publié cette semaine une déclaration décrivant cette mesure comme un effort pour interdire l’entrée du fils d’Erdoğan et d’autres responsables turcs.
La décision est en cours d’examen par les autorités migratoires israéliennes, et la presse israélienne indique que de telles recommandations sont généralement acceptées.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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