Israël accuse le ministre turc des Affaires étrangères d’incitation au génocide après son appel à des sanctions
Les points importants
- Accusation grave : Le chef de la diplomatie israélienne accuse Hakan Fidan d’incitation au génocide après que ce dernier a qualifié Israël de « fardeau insoutenable » pour l’humanité.
- Contexte explosif : Cette passe d’armes survient alors qu’Israël reconnaît le génocide arménien, ce qu’Ankara dénonce comme une manœuvre de diversion visant à masquer les opérations militaires à Gaza.
- Rôle ambigu d’Ankara : La Turquie, pourtant critique virulente d’Israël, est elle-même épinglée par un rapport de l’ONU pour avoir facilité, via ses infrastructures, le commerce ayant permis les opérations israéliennes à Gaza.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a accusé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, d’incitation au génocide après que ce dernier a appelé à des sanctions internationales contre Israël, qualifiant le pays de « fardeau que l’humanité ne peut plus supporter ».
Fidan a fait ces déclarations lors d’un entretien avec CNN Türk, où il a accusé Israël d’apporter instabilité, effusion de sang et massacres dans la région, et a soutenu qu’Israël était devenu un problème non seulement pour la Turquie, mais pour la communauté internationale tout entière.
« Ces gens sont devenus un fardeau que l’humanité ne peut plus supporter », a déclaré Fidan en référence à Israël et à ses politiques.
Il a appelé les autres pays à adopter une position diplomatique et à imposer des sanctions à Israël.
Fidan a souligné que les pays ne devaient pas s’attendre à ce que la Turquie affronte Israël seule, arguant que d’autres doivent aussi prendre leurs responsabilités, adopter une position diplomatique et imposer des sanctions.
Sa’ar a répondu sur X, accusant Fidan d’utiliser un « manuel d’incitation au génocide ».
Turkish FM @HakanFidan’s sickening words are textbook incitement to genocide.
Dehumanizing the Jewish people as an « unbearable burden » is the classic, horrific language of history’s worst eliminationist regimes.
The civilized world and Turkey’s NATO allies must unequivocally…
— Gideon Sa’ar | גדעון סער (@gidonsaar) July 2, 2026
« Déshumaniser le peuple juif en le qualifiant de “fardeau insoutenable”, c’est le langage classique et horrible des pires régimes exterminateurs de l’histoire », a écrit Sa’ar.
« Le monde civilisé et les alliés de la Turquie au sein de l’OTAN doivent condamner sans équivoque cet appel explicite à l’effacement d’Israël », a-t-il ajouté.
Cette accusation intervient quelques jours après que le cabinet israélien a approuvé une proposition visant à reconnaître officiellement comme génocide les massacres d’Arméniens perpétrés par l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, une étape qui nécessite encore l’approbation du Parlement.
La Turquie rejette l’étiquette de génocide et affirme que les décès sont survenus dans des conditions de guerre et de conflit civil.
Ankara a accusé Israël d’utiliser la question arménienne pour détourner l’attention de Gaza, où les opérations militaires israéliennes ont suscité des accusations de génocide de la part d’États, d’organisations de défense des droits et d’experts de l’ONU.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a dénoncé cette semaine la décision d’Israël, affirmant que l’histoire de la Turquie était exempte de génocide et de colonialisme, tout en accusant Israël d’être responsable de la mort de Palestiniens à Gaza.
La Turquie s’est posée comme l’un des critiques étatiques les plus virulents d’Israël depuis le début de la campagne militaire de ce dernier à Gaza, se joignant à la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice et appelant à maintes reprises à ce qu’Israël fasse face à des pressions juridiques et économiques.
Cette position a également été critiquée par des groupes pro-palestiniens et des experts de l’ONU, qui estiment que la rhétorique d’Ankara n’a pas été à la hauteur de ses liens économiques et logistiques.
Dans un rapport d’octobre 2025 intitulé « Génocide à Gaza : un crime collectif », la rapporteure spéciale de l’ONU, Francesca Albanese, a cité la Turquie parmi les pays dont les infrastructures de transport ont permis le génocide israélien à Gaza via le commerce et les chaînes d’approvisionnement, notamment les ports utilisés pour les biens et matériaux à double usage, c’est-à-dire des articles pouvant également servir à des fins militaires.
Le rapport a également mentionné des allégations selon lesquelles certains échanges commerciaux se seraient poursuivis indirectement malgré les restrictions déclarées par la Turquie, et a noté le rôle de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui transporte le pétrole azerbaïdjanais à travers la Turquie jusqu’au terminal méditerranéen de Ceyhan, d’où le brut a été expédié vers Israël.
La Turquie a annoncé en 2024 avoir suspendu ses échanges commerciaux avec Israël, mais des militants et des figures de l’opposition continuent de pointer du doigt les flux pétroliers, l’accès portuaire et le commerce indirect.
Cet échange intervient également alors que la Turquie et Israël sont en concurrence sur des questions régionales au-delà de Gaza, notamment en Syrie, où Ankara soutient le nouveau gouvernement tandis qu’Israël a mené des frappes et mis en garde contre un ancrage militaire turc.
Il n’y avait eu aucune réponse publique immédiate du ministère turc des Affaires étrangères à l’accusation de Sa’ar vendredi.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




