Erdoğan reçoit Vučić à Ankara et promet un renforcement des liens entre la Turquie et la Serbie
Le président Recep Tayyip Erdoğan a reçu son homologue serbe Aleksandar Vučić jeudi à Ankara, les deux dirigeants affirmant vouloir approfondir leur coopération commerciale, économique et sécuritaire avec un objectif de 5 milliards de dollars d’échanges annuels.
Selon l’agence de presse étatique turque Anadolu, une déclaration commune publiée après les discussions prévoit un élargissement de la coopération en matière de politique étrangère, de relations économiques et commerciales, d’industrie de défense, de culture, de tourisme, d’éducation, d’énergie, de transports, de connectivité, de technologies avancées et d’environnement.
Erdoğan a indiqué que les échanges entre la Turquie et la Serbie avaient atteint 3,5 milliards de dollars en 2025 et qu’Ankara et Belgrade progressaient vers l’objectif des 5 milliards.
La déclaration commune stipule que la prochaine réunion de la Commission économique mixte turco-serbe se tiendra « dès que possible ».
Les deux dirigeants ont souligné l’importance des Balkans, une région où la Turquie cherche à renforcer ses liens via le commerce, les projets d’infrastructure et la diplomatie. Erdoğan a affirmé que la Turquie œuvrait pour la paix régionale en ces temps d’incertitude et qu’Ankara « n’oublie jamais » les Balkans.
Lors d’une conférence de presse conjointe, Vučić a décrit la Turquie comme un partenaire essentiel pour la Serbie et salué son rôle régional.
La rencontre s’est conclue par une cérémonie de signature d’accords, mais les comptes-rendus publics disponibles jeudi n’en détaillaient pas la liste exhaustive.
Ces discussions interviennent alors que les deux gouvernements placent les relations économiques au cœur de leur partenariat. Candidate à l’adhésion à l’UE, la Serbie cherche à attirer des investissements étrangers dans les secteurs manufacturier, du BTP et de l’énergie. Membre de l’OTAN, la Turquie étend quant à elle son influence politique et commerciale dans les Balkans, où les conflits ethniques des années 1990 ont redessiné les frontières et laissé des contentieux qui pèsent encore sur la politique régionale.
L’engagement turc dans les Balkans croise également des points de tension, notamment entre la Serbie et le Kosovo – dont l’indépendance proclamée en 2008 est reconnue par les États-Unis et la majorité des pays de l’UE mais pas par Belgrade. L’Union européenne pilote des pourparlers visant à normaliser les relations entre les deux capitales.
Vučić a souligné que les échanges bilatéraux, passés de moins d’un milliard de dollars il y a quelques années à environ 3,5 milliards, étaient en bonne voie pour atteindre l’objectif fixé.
Erdoğan a par ailleurs annoncé la participation de la Turquie à l’Expo 2027 à Belgrade, événement que la Serbie présente comme une vitrine pour attirer tourisme et investissements.
La déclaration commune inscrit le partenariat au-delà du seul cadre commercial, les deux gouvernements mettant en avant leur coopération dans les infrastructures de transport et la connectivité.
La Turquie et la Serbie ont intensifié leurs contacts de haut niveau ces dernières années via des mécanismes structurés comme le Conseil de coopération de haut niveau, outil utilisé par Ankara avec plusieurs pays pour coordonner la coopération intergouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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