Erdoğan promet une réponse « très sévère » après l’accord de défense franco-chypriote
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a mis en garde mercredi contre une réponse « très sévère » à toute action menaçant la Turquie ou les Chypriotes turcs en Méditerranée orientale, deux jours après la signature d’un accord entre la France et Chypre encadrant la présence militaire française sur l’île.
« Nous assistons aujourd’hui à une tentative d’allumer un feu de discorde en Méditerranée, particulièrement sur l’île de Chypre, et nous suivons les développements de très près », a déclaré Erdoğan aux députés de son Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.
« Que personne ne se lance dans des aventures », a-t-il ajouté. « Si les droits et les lois de la Turquie et des Chypriotes turcs sont pris pour cible en Méditerranée orientale, je veux qu’il soit connu que notre réponse sera très claire et très sévère. »
Erdoğan n’a pas nommé la France dans cet avertissement mais a accusé des acteurs régionaux non nommés de soutenir Israël et de poursuivre ce qu’il a décrit comme des ambitions irréalistes en Méditerranée orientale.
La France et la République de Chypre internationalement reconnue ont signé lundi un accord sur le statut des forces qui établit le cadre juridique pour la présence et les activités du personnel militaire français à Chypre et du personnel chypriote en France.
Le président chypriote Nikos Christodoulides a déclaré que cet accord approfondirait la coopération bilatérale en matière de défense et contribuerait aux efforts de l’Union européenne pour renforcer ses capacités défensives.
Le président français Emmanuel Macron avait indiqué lors d’une visite sur l’île en avril que les deux pays créaient un cadre pour accueillir des forces françaises destinées à des opérations humanitaires en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient.
Chypre est divisée depuis 1974, lorsque la Turquie a envahi le tiers nord de l’île suite à un coup d’État soutenu par Athènes visant à unifier Chypre avec la Grèce.
La République de Chypre internationalement reconnue, membre de l’UE, contrôle le sud de l’île majoritairement grecque chypriote.
L’administration chypriote turque du nord, qui se fait appeler République turque de Chypre du Nord, n’est reconnue que par la Turquie.
Les responsables chypriotes turcs ont critiqué l’accord, affirmant qu’il pourrait perturber l’équilibre militaire sur l’île et en Méditerranée orientale.
© Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




