Erdoğan en Égypte pour signer des accords de partenariat avec Sissi
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a rencontré son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire ce mercredi, scellant une série de nouveaux accords de partenariat et affichant une position commune sur les crises régionales en Iran, au Soudan et à Gaza.
Les relations entre Le Caire et Ankara se sont réchauffées après près d’une décennie de tensions, consécutives à la destitution en 2013 par Sissi du président Mohamed Morsi, proche des Frères musulmans.
Erdoğan avait juré de ne jamais dialoguer avec Sissi, mais depuis 2023, les deux dirigeants se sont rencontrés à plusieurs reprises, ont échangé des visites, normalisé leurs relations et signé plus d’une dizaine d’accords de coopération, y compris dans le domaine de la défense.
« Le commerce bilatéral atteint près de 9 milliards de dollars, faisant de l’Égypte le premier partenaire commercial de la Turquie en Afrique », a déclaré Sissi lors d’une conférence de presse conjointe, après la signature de 18 accords couvrant la défense, le tourisme, la santé et l’agriculture.
L’Égypte et la Turquie forment désormais la moitié du bloc de médiation pour la trêve à Gaza, soutiennent l’armée soudanaise dans son conflit avec les forces paramilitaires et affichent des positions de plus en plus convergentes dans la région.
Yüksek Düzeyli Stratejik İş Birliği Konseyimizin 2’nci toplantısı vesilesiyle Mısır’ın başkenti Kahire’de bulunmaktan büyük memnuniyet duydum.
Aldığımız kararların ülkelerimiz başta olmak üzere bölgemizin barış, refah ve istikrarına katkı sunmasını temenni ediyorum.… pic.twitter.com/fDH5D9fQ5m
— Recep Tayyip Erdoğan (@RTErdogan) February 4, 2026
Sissi a indiqué qu’ils s’accordaient sur la nécessité d’appliquer toutes les phases de l’accord de trêve à Gaza parrainé par les États-Unis, rejetant « toute tentative de contourner ou d’entraver la mise en œuvre du plan de paix du président (Donald) Trump ».
Les deux dirigeants ont souligné le besoin d’un soutien international pour la reconstruction rapide de Gaza.
Concernant le Soudan, Sissi a déclaré que les deux parties souhaitaient une « trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu et une voie politique globale ».
Il a également appelé à éviter l’escalade dans la région, à privilégier les solutions diplomatiques et à « écarter le spectre de la guerre, qu’il s’agisse du dossier nucléaire iranien ou de la région en général ».
Erdoğan a abondé dans le sens du dialogue, estimant que les ingérences étrangères représentaient « des risques majeurs pour toute la région » et que la diplomatie restait « la méthode la plus appropriée » pour régler les différends avec l’Iran.
Les deux dirigeants ont également réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale de la Somalie dans un contexte de tensions régionales accrues.
Les deux pays soutiennent le gouvernement somalien et ont condamné la reconnaissance par Israël de la région séparatiste du Somaliland, marquant selon les analystes l’émergence d’un axe sécuritaire régional incluant l’Arabie saoudite.
La Turquie a accepté de fournir à l’Égypte des drones avancés en 2024, avec un projet de coproduction.
Erdoğan s’est rendu au Caire après une étape à Riyad, son déplacement coïncidant avec des contacts américano-iraniens initialement prévus en Turquie avant un report à Oman.
© Agence France-Presse






