Erdoğan bientôt décisionnaire sur l’adhésion à l’initiative « Conseil de la Paix » de Trump
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan décidera prochainement s’il rejoint le « Conseil de la Paix » proposé par le président américain Donald Trump, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, alors qu’Ankara examine le cadre juridique et politique de l’initiative.
S’exprimant auprès de l’agence de presse étatique Anadolu en marge d’une réunion du mécanisme « 4+4 » Turquie-Ouzbékistan mardi, Fidan a précisé que l’organe proposé sera formé au niveau des chefs d’État et de gouvernement et fonctionnera sous l’égide d’une charte fondatrice.
« Il existe une charte et un ensemble de conditions fondatrices pour cette organisation, et nos évaluations sont en cours », a déclaré Fidan. « Notre président prendra probablement une décision à ce sujet dans un délai très court. »
Un porte-parole de la présidence turque a indiqué sur les réseaux sociaux samedi que le président Erdoğan avait reçu une invitation de Trump la veille pour « devenir membre fondateur » du conseil.
Le conseil était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza, sous fragile cessez-le-feu depuis octobre, mais la charte ne semble pas limiter son rôle au territoire palestinien occupé.
Selon la charte, consultée par l’Agence France-Presse, le Conseil de la Paix cherchera à promouvoir la stabilité, restaurer la gouvernance et garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits, en conformité avec le droit international. Les États membres seront invités par Trump et représentés par leur chef d’État ou de gouvernement.
Dans la structure proposée, Trump occupera le poste de président avec des pouvoirs étendus sur l’agenda et l’organisation interne. Les États membres serviront généralement pour des mandats de trois ans, mais les pays contribuant 1 milliard de dollars dès la première année seront exemptés de cette limite, obtenant ainsi un statut permanent.
Chaque État membre disposera d’une voix, bien que les décisions nécessiteront l’approbation du président, qui disposera également d’une voix prépondérante en cas d’égalité.
Des diplomates de plusieurs pays ont exprimé des réserves sur cette proposition, avertissant qu’elle pourrait saper le rôle des Nations Unies et des mécanismes internationaux existants pour la résolution des conflits.
Des dizaines de pays, dont la Chine, l’Inde, la Russie, l’Ukraine et le Canada, ont confirmé avoir reçu des invitations selon l’AFP. Certains gouvernements ont indiqué leur volonté de participer, tandis que d’autres ont exclu toute adhésion ou rejeté l’idée de payer pour un statut permanent.




