Erdoğan affirme que la priorité absolue d’Ankara est de maintenir la Turquie à l’écart du conflit au Moyen-Orient
Le président Recep Tayyip Erdoğan a déclaré vendredi que la priorité absolue d’Ankara était de maintenir la Turquie à l’écart du conflit qui s’étend au Moyen-Orient, alors que le gouvernement cherche à éviter toute escalade après que l’OTAN a intercepté un troisième missile balistique tiré depuis l’Iran vers le territoire turc ce mois-ci.
S’exprimant à Ankara, Erdoğan a affirmé que la Turquie agissait avec prudence face aux « complots, pièges et provocations » qui pourraient entraîner le pays dans la guerre, promettant une réponse « appropriée et mesurée » à toute menace. Ces déclarations interviennent quelques heures après que le ministère turc de la Défense a annoncé que les défenses aériennes de l’OTAN en Méditerranée orientale avaient abattu un nouveau missile lancé depuis l’Iran vers la Turquie, après des interceptions similaires les 4 et 9 mars.
La Turquie n’a pas précisé la cible du dernier missile, mais une explosion a été entendue pendant la nuit près de la base aérienne d’İncirlik dans la province méridionale d’Adana, selon des témoins et des images vérifiées. La base accueille du personnel américain, turc et d’autres alliés, bien qu’Ankara affirme que Washington n’a pas utilisé İncirlik dans ses frappes aériennes contre l’Iran.
Erdoğan présente la Turquie comme à la fois exposée au conflit et déterminée à y rester étrangère. Plus tôt cette semaine, il a déclaré que les combats doivent cesser avant que toute la région ne soit « jetée dans le feu », appelant à la diplomatie et soulignant que la Turquie était en contact avec toutes les parties. Ankara avait proposé de servir de médiateur avant que les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran ne commencent.
La dernière interception a également mis en lumière les lacunes du système de défense aérienne turc. Malgré l’acquisition du système de missiles russes S-400 en 2019, la Turquie s’est appuyée sur les défenses intégrées de l’OTAN contre les missiles entrants. Les responsables turcs ont déclaré cette semaine que le système de l’OTAN était plus rapide et plus efficace pour répondre à la menace. L’OTAN a également renforcé les défenses régionales, notamment en déployant une batterie de missiles Patriot américains pour protéger la base radar de Kürecik dans la province de Malatya, un site clé d’alerte précoce pour l’alliance.
La Turquie a protesté auprès de Téhéran après chaque incident et demandé des éclaircissements concernant le missile de vendredi. L’Iran a nié avoir visé la Turquie et affirmé qu’aucun projectile n’avait été lancé dans sa direction, tout en proposant une enquête conjointe. Les responsables turcs ont cependant indiqué que cette retenue ne devait pas être interprétée comme une tolérance indéfinie, précisant qu’Ankara s’attend à ce que les responsables soient identifiés et empêchés de procéder à de nouveaux lancements.
Avec des informations de l’Agence France-Presse
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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