Drones et munitions non explosées : découvertes en hausse dans les eaux de l’OTAN en mer Noire, selon un rapport
Les points importants
- Triplement des découvertes : Les objets de guerre (drones, munitions non explosées) retrouvés dans les eaux de l’OTAN en mer Noire ont plus que triplé en six mois, passant de 13 à 40.
- Risques pour les équipages : Au moins un tiers des objets transportaient des charges explosives actives ; 58 % des cas n’ont pas divulgué leur état, imposant une prudence maximale.
- Nouvelle menace principale : Les drones aériens et maritimes ont supplanté les mines comme danger flottant, avec les infrastructures offshore particulièrement vulnérables.
Les découvertes de drones et d’autres débris de guerre potentiellement explosifs dans les eaux turques, roumaines et bulgares ont plus que triplé en six mois, alors que la guerre russo-ukrainienne s’étend davantage en mer Noire, a indiqué jeudi la société de gestion des risques maritimes Ambrey.
Le nombre de découvertes dans les eaux des trois pays de l’OTAN est passé de 13 entre septembre 2025 et février 2026 à 40 entre mars et août, selon un rapport d’Ambrey.
Dans l’ensemble du bassin de la mer Noire, 56 découvertes ont été enregistrées entre mars et août, contre 27 au cours des six mois précédents. Huit autres ont été signalées au cours des sept premiers jours de septembre.
Les objets comprenaient des munitions non explosées, des drones aériens et des véhicules de surface sans équipage, retrouvés à la dérive en mer, échoués ou rejetés sur le rivage.
Au moins un tiers d’entre eux transportaient des charges explosives actives au moment de la découverte, selon Ambrey. Le statut de charge de 53 découvertes, soit 58 % du total, n’a jamais été rendu public, ce qui signifie qu’elles doivent être considérées comme potentiellement actives.
« Les équipages ne peuvent pas distinguer à vue une cellule factice d’une cellule réelle, et ne devraient pas essayer », a averti la société.
Tomas Alexa, analyste principal d’Ambrey pour l’Europe, a expliqué que l’utilisation croissante de systèmes sans équipage par la Russie et l’Ukraine entraînait davantage d’abattages ou de neutralisations avant la fin de leurs missions.
« De plus en plus de ces systèmes sont abattus ou perturbés par la guerre électronique. Ils tombent donc dans l’eau », a déclaré Alexa à l’Agence France-Presse.
Dans un incident, des pêcheurs ont remonté un objet suspect dans leurs filets. Dans un autre, des employés d’une installation offshore ont utilisé un navire de soutien pour repousser un drone maritime, a précisé Alexa.
Les infrastructures énergétiques offshore sont particulièrement vulnérables, certains clients d’Ambrey étant « sérieusement préoccupés », selon Alexa.
« Contrairement aux navires, ces structures sont statiques, donc soumises aux courants et à tout ce qui dérive près d’elles », a-t-il ajouté.
Ambrey a indiqué que les drones aériens et maritimes avaient supplanté les mines marines comme principal danger flottant dans la région, et a prévenu que de nombreuses découvertes n’étaient probablement pas signalées.
La société s’attend à ce que les taux de découverte restent élevés jusqu’à la fin 2026, les infrastructures énergétiques offshore dans les zones économiques exclusives roumaine et turque demeurant un sujet de préoccupation particulier.
La Turquie a enregistré plusieurs incidents impliquant des drones militaires atteignant sa côte de la mer Noire. En février, le ministère turc de la Défense a indiqué qu’un drone aérien échoué dans la province septentrionale d’Ordu était probablement russe. Des spécialistes n’y ont trouvé aucun explosif.
En juillet, un drone a frappé le vraquier battant pavillon turc Reyhan Sarı en mer Noire, tuant un membre d’équipage et en blessant trois autres.
© Agence France-Presse




