Erdoğan évoque pour la première fois des élections anticipées
Les points importants
- Erdoğan évoque des élections anticipées : pour la première fois, le président turc laisse entendre un scrutin avant 2028, signe de faiblesse politique.
- L’opposition unie se prépare : Özgür Özel rétorque que le peuple changera le gouvernement, tandis que le Nouveau Parti gagne en influence avec le soutien d’Ekrem İmamoğlu.
- Un avenir incertain pour Erdoğan : malgré la limite de mandats, il pourrait se représenter si le parlement vote des élections anticipées, mais il manque de soutien parlementaire.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a pour la première fois qualifié les prochaines élections turques d’« approchantes », laissant entrevoir la possibilité d’un scrutin avant la date prévue du 14 mai 2028.
« Je renouvelle ma conviction qu’avec cette unité et cette solidarité, nous traverserons avec succès les élections qui approchent », a déclaré Erdoğan devant ses partisans dans sa ville natale de Güneysu, dans le nord-est de la Turquie, jeudi.
Erdoğan n’a ni fixé de date ni explicitement appelé à des élections anticipées.
Cette formulation constitue le premier signal public d’un possible changement de calendrier électoral, après que son Parti de la justice et du développement (AKP) et son allié, le Parti d’action nationaliste (MHP), avaient insisté sur le fait que le vote aurait lieu en 2028.
Le chef du principal parti d’opposition, le Nouveau Parti, Özgür Özel, a répondu vendredi en affirmant que les élections n’étaient pas une crise que les dirigeants politiques devaient « traverser ».
« Il ne traversera pas cette élection ; c’est la nation qui changera le gouvernement lors de cette élection », a déclaré Özel.
La Turquie doit voter lors d’élections présidentielle et législatives simultanées le 14 mai 2028.
Le président ou le parlement peuvent convoquer des élections avant cette date.
Erdoğan a atteint la limite de deux mandats prévue par le système présidentiel turc, mais la constitution lui permet de se représenter si le parlement convoque une élection anticipée au cours de son mandat actuel.
Le parlement a besoin du soutien de 360 de ses 600 députés pour prendre cette décision.
L’AKP et ses alliés contrôlaient 328 sièges en juillet et auraient besoin du soutien d’autres partis.
Erdoğan dirige la Turquie comme premier ministre ou président depuis 2003 et a obtenu son mandat actuel lors d’un second tour en mai 2023.
Özel est devenu chef du Parti républicain du peuple (CHP) en 2023 avant qu’une cour d’appel ne le destitue et ne réintègre son prédécesseur, Kemal Kılıçdaroğlu, en mai.
Özel et 90 députés ont ensuite formé le Nouveau Parti en juillet, ce qui en fait le deuxième groupe parlementaire avec 91 sièges.
Le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, a rejoint le parti en août, et le Nouveau Parti le soutient comme candidat à la présidence.
İmamoğlu est en détention provisoire depuis mars 2025 pour des accusations de corruption qu’il nie, tandis que le gouvernement dément les allégations selon lesquelles sa campagne judiciaire contre l’opposition serait motivée politiquement et affirme que la justice est indépendante.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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