Des ministres turcs s’entretiennent avec le Syrien al-Sharaa à Damas
Une délégation turque de haut niveau s’est rendue en Syrie lundi pour rencontrer le président syrien Ahmed al-Sharaa à Damas, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères.
Les deux pays ont développé des liens étroits depuis le renversement de l’ancien dirigeant Bachar al-Assad fin 2021. La visite du ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan et du ministre de la Défense Yaşar Güler permet un « bilan général » des relations, a déclaré une source ministérielle à l’Agence France-Presse.
Les discussions porteront également sur « les progrès dans la mise en œuvre de l’accord du 10 mars » entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, visant à intégrer les institutions civiles et militaires semi-autonomes kurdes dans l’État d’ici fin 2023, a précisé la source.
Minister of Foreign Affairs @HakanFidan, together with Yaşar Güler, Minister of National Defence, and İbrahim Kalın, Director of the National Intelligence Organization met with Ahmed al-Sharaa, President of Syria, Asaad Hassan Al-Shaibani, Minister of Foreign Affairs of Syria,… pic.twitter.com/PnKPPR7rHE
— Turkish MFA (@MFATurkiye) December 22, 2025
Les divergences entre les deux parties ont jusqu’à présent retardé l’application de l’accord.
La semaine dernière, Fidan a averti les FDS — qui contrôlent de vastes zones du nord-est pétrolier de la Syrie — que la patience des acteurs clés « s’épuisait » et a conseillé d’éviter tout retard supplémentaire dans l’intégration de leurs forces.
Ankara compte aussi aborder « les risques sécuritaires émergents dans le sud de la Syrie en raison de l’agression israélienne », selon la source, ainsi que l’entrée officielle de la Syrie dans une coalition dirigée par les États-Unis contre l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Les forces américaines ont frappé plus de 70 cibles de l’EIIL en Syrie la semaine dernière, ce que le président Donald Trump a qualifié de « riposte très ferme » après l’attaque meurtrière du 13 décembre contre des soldats américains à Palmyre.
« La coopération [entre Damas et Ankara] vise à empêcher la résurgence de Daech [EIIL], qui cherche à exploiter la fragilité en Syrie », a déclaré la source ministérielle turque.
La Turquie partage une frontière de 900 kilomètres avec la Syrie. Entre 2016 et 2019, elle a lancé trois offensives dans le nord de la Syrie contre les combattants kurdes syriens et l’EIIL.
L’EIIL s’était emparé de larges portions de la Syrie et de l’Irak voisin en 2014, avant d’être vaincu territorialement en Syrie en 2019, mais maintient depuis une présence dans le pays, notamment dans son vaste désert.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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