Un responsable iranien affirme que Téhéran a épargné Trump en Turquie bien qu’il fût à sa portée
Les points importants
- Menaces iraniennes : Un haut responsable iranien affirme que Téhéran a délibérément épargné Donald Trump lors de son séjour à Ankara, par respect pour la Turquie.
- Escalade des tensions : Des figures radicales iraniennes, dont un député et un journal influent, ont appelé à cibler le président américain sur le sol turc.
- Sommet de l’OTAN sous tension : Les menaces ont coïncidé avec le sommet de l’OTAN à Ankara, marqué par de nouvelles frappes américaines contre l’Iran.
Un responsable iranien ayant occupé de hautes fonctions gouvernementales a demandé la convocation de l’ambassadeur de Turquie à Téhéran et affirmé que l’Iran avait choisi de ne pas nuire au président américain Donald Trump lors de sa visite à Ankara pour un sommet de l’OTAN, par égard pour ses relations avec la Turquie.
Ezzatollah Zarghami, membre du Conseil suprême du cyberespace iranien et ancien ministre du patrimoine culturel, a fait ces remarques dans un message sur X mercredi, accusant Trump d’avoir émis des ordres d’attaque contre l’Iran depuis le sol turc.
« Convoquez l’ambassadeur turc et avertissez-le. Le cinglé de Trump donne des ordres pour attaquer l’Iran depuis là-bas », a écrit Zarghami, selon IranWire.
Zarghami a également écrit que « le meurtrier de notre guide martyr » était à portée de représailles, mais que l’Iran s’était abstenu « par respect pour l’amitié et les relations de bon voisinage », en référence à la Turquie.
Cette allusion semble viser l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, dont les cérémonies funéraires ont récemment été marquées par des appels à la vengeance contre Trump et d’autres figures américaines.
Menaces des radicaux iraniens
Ce message fait suite à celui de Hamid Rasaei, un député iranien radical, qui avait appelé à cibler la localisation de Trump en Turquie pendant qu’il se trouvait à Ankara pour le sommet de l’OTAN, selon IranWire et Iran International.
Iran International rapporte que Rasaei a écrit sur la plateforme de médias sociaux iranienne Virasty que la présence de Trump en Turquie créait une opportunité de frapper son lieu de résidence.
IranWire a également rapporté que Kayhan, un journal géré sous la supervision du représentant du guide iranien, avait publié un appel en première page à agir contre Trump. Hossein Shariatmadari, le représentant à l’Institut Kayhan, a écrit une chronique d’opinion appelant à déclarer Trump méritant la mort, selon le média.
Saberin News, une chaîne Telegram liée à des factions proches du Corps des gardiens de la révolution islamique, a ensuite publié un point de géolocalisation à Ankara et affirmé avoir identifié l’endroit où séjournait Trump, rapporte IranWire.
Les combats éclipsent le sommet de l’OTAN
Ces menaces ont suivi une montée des tensions entre Washington et Téhéran pendant le sommet de l’OTAN, que la Turquie a accueilli à Ankara mardi et mercredi.
Trump a déclaré mercredi qu’un protocole d’accord intérimaire avec l’Iran pour mettre fin au conflit était « caduc » et qu’il ne souhaitait pas traiter avec Téhéran. Cet accord, négocié par le Pakistan, devait donner aux parties 60 jours pour négocier un accord permanent.
Les États-Unis avaient lancé une nouvelle vague de frappes contre l’Iran mardi.
L’Associated Press a rapporté que la décision de Trump d’autoriser des frappes de représailles contre l’Iran peu après avoir quitté un dîner des dirigeants de l’OTAN était inhabituelle, car les frappes militaires américaines sont généralement ordonnées lorsque le président est proche de son pays.
Trump a ensuite nié que des craintes sécuritaires liées à l’Iran aient provoqué un changement d’avion pour une partie de son voyage de retour depuis la Turquie, mais il a déclaré aux journalistes qu’il était « numéro un sur leur liste », selon l’AP.




