Selon les États-Unis, la Turquie ne peut pas recevoir les F-35 tant qu’elle conserve les S-400
Les points importants
- Condition sine qua non : La Turquie doit se séparer des S-400 russes pour espérer réintégrer le programme F-35, selon une lettre officielle du département d’État.
- Obstacle juridique persistant : La loi américaine (CAATSA) bloque toujours le transfert des avions, contredisant les déclarations de Donald Trump lors du sommet de l’OTAN.
- Relations bilatérales sous tension : Washington reconnaît le rôle clé d’Ankara dans certains dossiers régionaux, mais reste préoccupé par les réseaux financiers du Hamas opérant depuis la Turquie.
La Turquie ne peut pas recevoir les chasseurs F-35 si elle ne renonce pas à son système de défense aérienne S-400 d’origine russe et ne remplit pas d’autres exigences légales, a déclaré le département d’État américain au Congrès dans une lettre datée de mercredi.
La loi américaine bloque toujours toute vente, malgré la promesse du président Donald Trump de lever les sanctions et sa déclaration selon laquelle Washington envisagerait de laisser Ankara acheter ces appareils.
La lettre du 22 juillet, obtenue par Kathimerini, a été préparée par le département d’État pour le compte de la Maison-Blanche en réponse à une demande du député démocrate Wesley Bell concernant un éventuel retour de la Turquie dans le programme.
Le département a indiqué que la loi américaine interdit le transfert d’avions F-35 à la Turquie tant qu’elle ne satisfait pas aux exigences de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) et à d’autres dispositions légales.
Ces conditions incluent le retrait du système de défense aérienne S-400 d’origine russe et des équipements associés, l’engagement de ne pas acquérir de systèmes similaires à l’avenir, et le respect des exigences de certification restantes.
« La Turquie n’a pas encore rempli ces conditions », indique la lettre. Celle-ci ajoute que les discussions entre Washington et Ankara pour résoudre le différend sur les S-400 se poursuivent et précise que tout accord doit être « transparent, légal et conforme aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis ».
Cette déclaration contraste avec les propos tenus par le président Trump après sa rencontre avec le président Recep Tayyip Erdoğan lors du sommet de l’OTAN à Ankara plus tôt ce mois-ci, lorsque Trump avait affirmé que la Turquie recevrait des chasseurs F-35.
Le département d’État a également qualifié la Turquie d’important allié de l’OTAN et a déclaré que les États-Unis continueraient de travailler avec Ankara sur des domaines d’intérêt commun tout en la tenant responsable lorsque ses actions entrent en conflit avec les intérêts américains.
Au-delà de la question des F-35, la lettre a passé en revue les relations bilatérales américano-turques, indiquant que la Turquie a soutenu les efforts diplomatiques américains concernant la Russie et l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et l’Arménie, et Gaza, ainsi que les opérations régionales de lutte contre le terrorisme visant l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Elle a également indiqué que la Turquie avait utilisé ses contacts avec la direction politique du Hamas pour aider à obtenir l’acceptation par le groupe du plan de paix américain pour Gaza et de la première phase d’un cessez-le-feu. Parallèlement, le département a déclaré rester préoccupé par les réseaux financiers liés au Hamas opérant depuis le territoire turc et continuerait de cibler les individus et organisations accusés de financer le groupe.
Le différend autour du système S-400 empêche la Turquie de réintégrer le programme multinational F-35 depuis 2019. Washington a retiré la Turquie du projet après qu’elle a acheté le système de défense antimissile d’origine russe, arguant que l’exploitation des S-400 aux côtés des F-35 pourrait exposer des informations sensibles sur l’appareil à la Russie. Les États-Unis ont également imposé des sanctions à la Turquie en vertu de la loi CAATSA pour cet achat.




